Bruxelles, 14/05/2014 (Agence Europe) - Pour que les mers et les océans puissent servir de base à une croissance bleue durable, en permettant à l'UE de tirer durablement parti de leur plein potentiel économique, il faut que l'environnement marin soit en bonne santé. Or, son état est déplorable. Le Conseil informel Environnement, présidé par Ioannis Maniatis, ministre grec de l'Environnement et du Climat, l'a souligné, mercredi 14 mai à Athènes, convaincu de l'urgence d'agir contre les pressions croissantes - pollution, eutrophisation dans la mer Baltique et en mer Noire, surpêche, changement climatique - qui menacent gravement les écosystèmes marins et les services qu'ils livrent pour l'alimentation, les médicaments, l'énergie et le tourisme.
Les ministres de l'Environnement ont tous reconnu la nécessité qu'il y a, pour les États membres, de mettre les bouchées doubles pour parvenir, à l'horizon 2020, à un bon état environnemental des mers et des océans, pour intégrer cette préoccupation dans toutes les politiques pertinentes - la pêche, l'industrie, l'agriculture, la gestion des déchets - et pour intensifier la coopération au niveau régional ainsi qu'avec les pays tiers. Ils devront, pour ce faire, agir localement pour respecter les dispositions de la directive-cadre sur la stratégie marine de l'UE et renforcer les efforts de coopération dans le cadre des Conventions régionales de la mer (la Convention de Barcelone, la Convention de la mer Baltique, la Convention Ospar, la Convention de la mer Noire).
Janez Potocnik tance les États membres
La déclaration issue de la conférence marine HOPE (Healthy Oceans-Productive Ecosystems), qui s'est tenue à Bruxelles les 3 et 4 mars derniers (EUROPE 11023), appelait à une action urgente. Or, au rythme où vont les choses, disposer de mers et d'océans sains et productifs en 2020 est une vue de l'esprit. Le commissaire à l'Environnement a rappelé aux ministres que « les programmes de surveillance prescrits par la directive doivent être adoptés cette année, et les mesures approuvées en 2015. Or, d'après ce que la Commission a pu voir, jusqu'à présent, ils ne sont ni assez exhaustifs ni assez ambitieux pour nous permettre de tenir nos engagements. Nous devons accélérer nos efforts », a-t-il averti.
Les discussions de ce Conseil Environnement informel ont été alimentées par diverses présentations: celle de Hans Bruynickx, directeur exécutif de l'Agence européenne de l'environnement (AEE), et celle sur les déchets marins dans les mers régionales du Professeur Michael Scoullos, de l'Université d'Athènes, directeur du programme de l'environnement pour la Méditerranée. Le Professeur Athanassios de l'université de Thessalonique est intervenu sur la pêche et la croissance bleue et Ioannis Karakassis, du laboratoire d'écologie marine (Université de Crète), sur les problèmes et les progrès en Méditerranée.
40% du PIB de l'UE est généré dans les régions maritimes, la température augmente plus vite dans les mers européennes que dans les océans de la planète, 88% des stocks halieutiques sont menacés en mer Méditerranée et en mer Noire. (AN)