Le marché européen se stabilise, après des années de crise. Depuis deux trimestres, les signes d'amélioration dans le secteur automobile se multiplient. Après une légère baisse en 2013, à 11 millions de voitures immatriculées (plus de 13 millions si l'on inclut les véhicules utilitaires), le marché renoue avec la croissance. En janvier 2014, les immatriculations européennes ont augmenté de 5,5%, à 935 000 unités écoulées. Février devrait confirmer la tendance même si, en France, l'un des marchés les plus fragiles, les ventes ont baissé de 1,4% ce mois-là. Le marché allemand, le premier en Europe, est toutefois attendu à la hausse. Les trois autres marchés européens devraient suivre: le Royaume-Uni connaît depuis fin 2012 la croissance tandis que l'Espagne et, dans une moindre mesure, l'Italie, voient depuis 2013 les acheteurs revenir sur le marché après cinq années de crise. Les résultats financiers des constructeurs européens en 2013 montrent également une amélioration de la situation. General Motors, qui détient l'Allemand Opel, divise par plus de deux ses pertes en Europe, à 580 millions d'euros, contre 1,4 milliard en 2012. L'Américain Ford les a réduites de 100 millions, à 1,15 milliard d'euros. Même Fiat-Chrysler a réussi à réduire ses pertes de 200 millions, à 520 millions d'euros. PSA a limité, pour sa part, sa perte opérationnelle à un milliard d'euros, trois fois moins qu'en 2012, grâce en partie à ses nouveaux modèles commercialisés en Europe. Toutefois, le marché européen ne devrait pas connaître de véritable rebond en 2014 mais seulement une modeste croissance comprise entre 2% ou 5%, selon les experts. À ce rythme, le marché européen n'est pas près de retrouver ses niveaux de 2007, quand il se vendait plus de 18 millions de véhicules (dont 16 millions de véhicules particuliers). Les surcapacités de production en Europe devraient, par conséquent, encore peser sur les marges et les profits des constructeurs européens, une situation que ne connaissent pas les constructeurs américains qui ont retrouvé des niveaux de profits importants grâce à une restructuration drastique mais efficace de leur production. L'emploi dans le secteur automobile a également subi la crise. Selon l'Association européenne des constructeurs européens (ACEA), l'emploi dans la production automobile (constructeurs et équipementiers) a régressé en Europe de 60 000 postes entre 2008 et 2010, passant de 3,04 millions à 2,98 millions. Depuis, les effectifs ont encore diminué car, pour les seuls équipementiers, les effectifs ont encore été réduits, entre 2010 et 2012, de 810 000 à 750 000 personnes, soit 60 000 postes de moins, selon le cabinet de conseil Roland Berger. Sur les quatre grands marchés européens, entre 2007 et 2012, le nombre d'emplois dans la production automobile est resté stable uniquement en Allemagne. En France, il sont passés de 275 000 à 215 000 et en Italie, de 193 000 à 166 000. Le Royaume-Uni a perdu, pour sa part, 100 000 postes en cinq ans dans le secteur. Les experts tempèrent toutefois ces chiffres, de nombreux transferts d'unités de production ayant été opérés vers l'est de l'Europe. (IL)