Bruxelles, 01/04/2014 (Agence Europe) - Les élèves des pays asiatiques seraient, d'après l'OCDE, les mieux préparés pour décrocher un emploi sur un marché du travail de plus en plus exigeant en termes de compétences acquises. L'OCDE a publié, mardi 1er avril, la première évaluation par le programme PISA (Programme international de l'OCDE pour le suivi des acquis des élèves) des méthodes créatives de résolution de problèmes.
L'OCDE a mesuré les performances de quelque 85 000 jeunes de 15 ans dans 44 pays et économies de l'OCDE, en termes de résolution de problèmes ancrés dans le quotidien qu'ils n'ont encore jamais rencontrés et pour lesquels aucune méthode courante ne leur a été enseignée. En moyenne, 11,4% des étudiants âgés de 15 ans sont considérés comme performants dans la résolution de tels problèmes.
« Les élèves âgés de 15 ans aujourd'hui qui ont une capacité médiocre en résolution de problèmes seront demain des adultes qui auront des difficultés à trouver et à garder un emploi. Les décideurs et les éducateurs devraient refondre les systèmes éducatifs et les programmes d'enseignement de manière à aider les élèves à développer les capacités de résolution des problèmes dont ils auront de plus en plus besoin dans les économies contemporaines », a commenté Andreas Schleicher de l'OCDE.
L'Asie au top. Il ressort de l'étude que les étudiants asiatiques dominent le classement, avec deux pays en tête: Singapour (562) et Corée du Sud (561), pour une moyenne OCDE établie à 500 points. Le Japon, Macao (Chine), Hong Kong (Chine), Shanghai (Chine) et le Tapei chinois se sont également classés dans le groupe de tête. Neuf pays de l'Union européenne réalisent un score au-dessus de la moyenne OCDE, aux côtés du Canada, de l'Australie et des États-Unis, mais n'atteignent toutefois pas les niveaux des pays asiatiques cités (Finlande, Royaume-Uni, Estonie, France, Pays-Bas, Italie, République tchèque, Allemagne et Belgique).
Impact du statut socio-économique. Les pays qui réalisent de bons scores dans les matières de base (mathématiques, compréhension à la lecture et sciences) n'ont pas réalisé nécessairement de bons scores en matière de résolution de problèmes complexes. C'est le cas au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Japon, où les élèves ont mieux réussi en matière de résolution de problèmes que dans les principales matières enseignées à l'école. Cependant, les élèves défavorisés ont encore une probabilité deux fois supérieure en moyenne d'avoir les plus mauvais résultats comparativement à leurs camarades plus favorisés.
Un élève sur cinq n'est pas de taille à affronter le marché moderne du travail. Alors qu'un élève sur neuf est capable de résoudre les problèmes les plus complexes (moyenne OCDE), cette proportion tombe à un élève sur cinq à Singapour, en Corée du Sud et au Japon. Dans l'ensemble de l'OCDE, un élève sur cinq n'est capable de résoudre que les problèmes les plus simples, ce qui signifie qu'il ne détient pas les compétences nécessaires pour affronter le monde du travail
Les garçons plus performants que les filles. Les disparités entre filles et garçons en matière de résolution de problèmes les plus complexes sont faibles, en particulier parmi les élèves peu performants. Toutefois, ce sont les garçons qui obtiennent les meilleurs résultats, sauf en Australie, en Finlande et en Norvège. En moyenne pour l'OCDE, parmi les élèves les plus doués en résolution de problèmes, on compte trois garçons pour deux filles. Plus précisément, dans 23 pays, les garçons sont plus performants ; dans cinq pays, ce sont les filles qui dépassent les garçons, alors qu'il n'y a pas de différences significatives dans les 16 pays restants. (IL)