Athènes, 01/04/2014 (Agence Europe) - Malgré l'absence de leur homologue français, les ministres des Finances de la zone euro ont pressé la France de maintenir le cap des réformes, mardi 1er avril à Athènes.
« La France est parfaitement consciente des engagements qu'elle a pris » au niveau européen, a déclaré Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe, convaincu qu'« il est dans l'intérêt de l'Europe d'avoir une France forte ». C'est-à-dire capable de prouver que sa politique économique produit des résultats afin de peser davantage dans la construction européenne.
Pour le commissaire européen responsable de l'euro, Olli Rehn, « il est essentiel que la France agisse de manière décisive » pour consolider ses finances publiques et s'attaquer aux « goulets d'étranglement bien connus » qui musèlent sa croissance. Les deux dirigeants politiques ont rappelé que Paris avait déjà bénéficié d'un délai supplémentaire de deux ans pour ramener, en 2015 au lieu de 2013, son déficit public sous la barre des 3% du PIB fixée par le Pacte de stabilité et de croissance.
Lundi, l'institut français des statistiques INSEE avait annoncé que le déficit public français s'était élevé en 2013 à 4,3% du PIB national alors que l'objectif fixé était de 3,9%. Les dépenses publiques ont atteint 57,3% du PIB, un nouveau record. Annonçant un changement de gouvernement à la suite d'une défaite cuisante lors d'élections locales, le président français, François Hollande, avait maintenu le cap des réformes tout en soulignant la nécessité de « convaincre l'Europe que cette contribution de la France à la compétitivité, à la croissance, (devait) être prise en compte » dans le respect des engagements européens du pays. Une déclaration que d'aucuns interprètent comme la volonté d'obtenir un nouveau report des objectifs.
MM. Dijsselbloem et Rehn ont affirmé n'avoir reçu aucune requête officielle de la France, alors que Pierre Moscovici, le ministre français de l'Économie donné partant, n'était pas présent à Athènes. Dans le cadre du processus budgétaire 'Semestre européen', Paris notifiera à la Commission européenne ses programmes de stabilité budgétaire et de réformes économiques d'ici à la fin du mois. Sont prévus d'ici à 2017 près de 50 milliards d'euros de réduction des dépenses publiques afin de financer des réductions de charge pour les entreprises en échange de nouvelles embauches. (MB)