login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11051
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) grÈce

Le financement d'Athènes à court et moyen termes assuré

Athènes, 01/04/2014 (Agence Europe) - C'est avec un certain soulagement et dans un état d'esprit optimiste que les ministres des Finances de la zone euro ont marqué, mardi 1er avril, un accord de principe à la 4ème mission de suivi de la 'troïka' (Commission, BCE, FMI) à Athènes, qui avait duré presque huit mois.

Cette décision ouvre la voie au versement d'une tranche de 8,3 milliards d'euros, qui sera effectué sans surprise au compte-gouttes et conditionné à la mise en oeuvre de mesures spécifiques préalables. Les questions relatives à l'après-programme démarreront en principe en septembre, les ministres prenant à ce stade note de la volonté grecque de retrouver son autonomie financière.

Dès que les actions préalables seront appliquées et que les parlements nationaux qui le requièrent auront donné leur feu vert, les experts nationaux du Conseil approuveront une 1ère sous-tranche de 6,3 milliards d'euros. Le parlement grec a déjà approuvé une série de mesures, dimanche, dont la conformité avec l'accord marqué sera évaluée dans les prochains jours. Cette somme de 6,3 milliards d'euros tombera à pic: elle contribuera au remboursement de 9,3 milliards d'obligations grecques fin mai. Le FMI devrait également verser un peu plus de 3 milliards d'euros avant cette échéance. L'institution de Washington aurait reçu l'engagement des Européens selon lequel le programme grec sera financé jusqu'à ce qu'Athènes soit capable de se refinancer seule sur les marchés internationaux.

La 'troïka' elle-même a attesté que le financement du pays était assuré pour les 12 prochains mois, a précisé le chef de file de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. Après la prochaine mission de suivi de la 'troïka', dans le courant de l'été, les ministres aborderont à nouveau cette question. « Nous avons pris note de l'ambition (des Grecs) de ne pas avoir de 3ème programme. Nous voudrions partager cette ambition, mais il est trop tôt pour le dire », a estimé le ministre néerlandais. Il a appelé les Grecs à se concentrer sur les objectifs et engagements du présent plan d'aide. La veille, il avait jugé positive l'ambition grecque de se refrayer un chemin sur les marchés. Athènes veut en effet recommencer petit à petit à tester l'appétit des marchés, notamment pour les titres grecs à moyen terme.

Le financement du programme a pu être assuré notamment via des transferts budgétaires temporaires entre ministères. L'engagement des autorités grecques à améliorer le programme de privatisation d'entreprises publiques devrait également fournir une marge de manoeuvre.

L'Eurogroupe s'est en outre félicité des performances budgétaires du pays, dans les clous pour dépasser les objectifs de 2013 et les atteindre en 2014. Une telle situation permet « à la Grèce de fournir un financement supplémentaire pour le service de la dette » et d'avoir recours à certaines dépenses pour « renforcer la cohésion sociale », a-t-il considéré.

Les ministres précisent également que les deux grandes banques (Eurobank, National Bank) restant à recapitaliser devront l'être avant tout au moyen de capitaux privés. Proche de 10 milliards d'euros, l'enveloppe restante de l'eurozone destinée au secteur bancaire devra rester disponible au minimum jusqu'aux résultats des tests de résistance menés au niveau européen par la BCE et l'Autorité bancaire européenne (EBA).

Concernant les réformes douloureuses que le pays a dû mettre en place, Mario Draghi, président de la BCE, a insisté sur l'importance d'appliquer « toutes les mesures structurelles convenues ». L'Eurogroupe accueille notamment avec satisfaction l'engagement des autorités à réformer le marché des biens et des services, à libéraliser le marché du transport et le marché immobilier locatif ainsi que des professions règlementées. Les Dix-huit soulignent, par ailleurs, l'importance d'aller de l'avant dans la réforme de l'administration publique et du marché du travail.

En juin et juillet, deux autres sous-tranches d'aide, d'un milliard d'euros chacune, devraient être versées à condition qu'à chaque fois six actions préalables soient entreprises, selon M. Dijsselbloem.

À noter que, sur la base d'une proposition du gouvernement grec que celui-ci affinera dans les prochaines semaines, l'Eurogroupe a évoqué une réflexion en cours relative à une stratégie de croissance pour la Grèce, en présence du chef de la 'task force' de la Commission européenne. Cette stratégie permettrait de mobiliser davantage de moyens issus d'organisations internationales et des fonds structurels en faveur d'actions permettant de stimuler la reprise économique qui s'amorce dans le pays. (EL)

Sommaire

ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
SOCIAL - ÉDUCATION
INSTITUTIONNEL
ACTION EXTÉRIEURE
AFFAIRES & ENTREPRISES N° 99