Bruxelles, 25/03/2014 (Agence Europe) - La Commission européenne a présenté, mardi 25 mars, sa proposition de nouveau règlement relatif à la production biologique et à l'étiquetage des produits biologiques (EUROPE 11045). Les préoccupations des consommateurs et des producteurs sont au coeur de cette nouvelle proposition, a dit la Commission, qui souhaite « combler les lacunes du système actuel ».
Dacian Ciolos, le commissaire à l'Agriculture, a expliqué à la presse que la demande (multipliée par 4 en dix ans) allait plus vite que l'offre (les surfaces en bio ont seulement doublé dans l'UE). « La production bio doit rester crédible », a dit le commissaire. Le bio n'est plus une production de niche, c'est véritablement un secteur de production important, a-t-il souligné.
La Commission a observé ces dernières années des cas de fraudes dans ce secteur, « ce qui pose des questions sur l'efficacité des contrôles », a reconnu M. Ciolos. Il faut remédier aussi aux distorsions de concurrence (mise en oeuvre différente des règles selon les pays de l'UE). Le problème vient aussi des nombreuses dérogations dans le règlement de 2007. « On constate aussi un traitement inégal entre production UE et produits importés dans l'UE de pays tiers », a souligné Dacian Ciolos. Il a rappelé que les consommateurs demandent de plus en plus de produits bio transformés, et pas seulement des produits de base.
Pour aider les agriculteurs, producteurs et commerçants de la filière biologique à s'adapter aux changements proposés et à relever les défis à venir, la Commission a approuvé le plan d'action suivant pour l'avenir de la production biologique en Europe: - mieux informer les agriculteurs au sujet des initiatives en matière de développement rural et de politique agricole européenne ; - renforcer les liens entre les projets européens de recherche et d'innovation et la production biologique ; - encourager la consommation de produits bio, notamment dans les écoles.
Enfin, la Commission demande au Conseil et au PE un mandat pour pouvoir négocier les différents accords avec les pays tiers sur l'importation et l'exportation des produits bio. En résumé, la Commission propose de: - renforcer et d'harmoniser les règles applicables tant au sein de l'Union européenne qu'en ce qui concerne les produits importés, en supprimant une grande partie des dérogations en matière de production et de contrôle ; - renforcer les contrôles en les basant sur des analyses de risque ; - faciliter l'accès des petits agriculteurs à l'agriculture biologique en leur offrant la possibilité d'adhérer à un régime de certification de groupe ; - mieux prendre en compte la dimension internationale des échanges de produits biologiques grâce à l'ajout de nouvelles dispositions concernant les exportations.
Le secrétaire général du COPA-COGECA, Pekka Pesonen, a souligné que les nouvelles règles « ne devraient notamment pas dissuader les agriculteurs de se convertir à l'agriculture biologique et les producteurs biologiques de poursuivre leur activité ». Il a expliqué que, dans de nombreuses régions, les exploitations agricoles se convertissent à la production biologique en plusieurs étapes. « Le développement du secteur biologique sera freiné si cette adaptation graduelle n'est pas possible », a-t-il estimé. Pour les organisations agricoles, les producteurs biologiques « ne devraient pas supporter les coûts liés, par exemple, à une contamination accidentelle ou aux analyses de résidus ». Sinon, une telle situation « ferait considérablement augmenter leurs coûts et entraînerait des pertes de revenus considérables ». (LC)