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Bulletin Quotidien Europe N° 11046
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) chine

Le CESE pour la nomination d'un envoyé spécial de l'UE pour le Tibet

Bruxelles, 25/03/2014 (Agence Europe) - Le président du Comité économique et social européen (CESE), Henri Malosse, a appelé, mardi 25 mars, les dirigeants européens à discuter de la situation au Tibet lors de leur rencontre avec le président chinois, Xi Jinping, le 31 mars à Bruxelles.

« J'ai demandé à mes collègues présidents des autres institutions de l'UE que la question du Tibet soit soulevée », a-t-il expliqué, même si cela est fait de manière « diplomatique ou discrète ».

Selon lui, il n'y a aucune raison qu'il n'y ait pas une ouverture de dialogue entre le Tibet et la Chine concernant la situation de cette province. « L'UE doit exercer un pouvoir politique, diplomatique, pour pousser à ce dialogue », a dit M. Malosse. Les Tibétains souhaitent une autonomie renforcée en matière d'éducation, de culture et d'environnement, les questions de défense et d'économie restant gérées par les Chinois.

Le président du CESE a aussi souhaité la nomination d'un envoyé spécial de l'UE pour le Tibet, afin que l'Union ait une position uniforme sur le sujet. Actuellement, certains États membres acceptent de recevoir le Dalaï lama et d'autres s'y refusent, de peur de s'attirer les foudres de Pékin. « Ce serait un signe politique de soutien ; cela montrerait que nous prenons très sérieusement la question du Tibet et cela permettrait de coordonner la position des États membres », a expliqué M. Malosse. « C'est une honte qu'il n'y ait pas une politique unique et claire » sur cette question, a-t-il ajouté.

M. Malosse a également appelé l'UE à octroyer un soutien financier à la communauté tibétaine en exil. « Il y a des lignes de crédit qui concernent les personnes en difficulté, victimes de violations des droits de l'homme. Nous souhaitons que la communauté tibétaine en exil bénéficie de ces soutiens », a-t-il considéré, convaincu qu'une intervention est aussi possible en Chine ou au Tibet pour contribuer à la préservation de l'identité culturelle et de l'environnement et aider ainsi directement la population tibétaine sur place.

Pas de double discours

Et alors que l'UE a pris des sanctions à l'encontre de la Russie en raison de la situation en Crimée, le président du CESE a aussi appelé à agir contre la Chine, tout en précisant que les cas de la Crimée et du Tibet ne sont pas comparables. « Nous refusons un double discours », a-t-il expliqué. « Il y a vraiment un 'double standard' en Europe. Il y a des sanctions contre la Russie parce que c'est dans notre voisinage mais comme la Chine est loin, il n'y a pas de sanctions », a souligné la Britannique Madi Sharma, membre du CESE (employeurs). « Nous accueillerons à bras ouvert le président Chinois. L'Europe doit avoir le même langage et la même vision sur les droits de l'homme », a complété M. Malosse. Et de conclure: « Il y a une attitude cynique des États membres qui disent 'd'abord le commerce'. Le commerce oui mais aussi les droits de l'homme ». (CG)

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