Bruxelles, 25/03/2014 (Agence Europe) - 2 364, c'est le nombre de produits de consommation dangereux notifiés en 2013 par les autorités nationales via RAPEX, le système d'alerte rapide de l'UE pour les produits non alimentaires, soit 3,77% de plus que l'année précédente (2 278) et 64% des notifications de risque grave visaient des produits chinois (contre 58% en 2012), selon le rapport annuel de RAPEX, publié mardi 25 mars par la Commission européenne.
Blessures physiques, risques liés aux produits chimiques, étranglements, chocs électriques et étouffements sont les principaux risques notifiés. 2 364 notifications, c'est un chiffre record sur une base annuelle, mais la Commission européenne ne s'en alarme pas, puisqu'elle y voit le résultat d'un recours plus fréquent au système dont l'efficacité serait croissante.
« C'est le dixième anniversaire de RAPEX. En dix ans, les autorités de surveillance du marché ont notifié 16 600 cas de produits potentiellement dangereux, contribuant ainsi à rendre le marché plus sûr », a déclaré à la presse européenne Neven Mimica, commissaire à la Politique des consommateurs, pour qui l'augmentation constante des notifications (plus de 2 000 par an contre 200 environ en 2003) ne constitue pas pour autant un motif d'inquiétude. « Il n'y a pas plus de produits dangereux, mais une meilleure surveillance du marché. Nous constatons une amélioration de l'efficacité du système, une meilleure coopération des autorités douanières, davantage d'informations disponibles sur les produits notifiés, une meilleure traçabilité et une meilleure coopération entre les douanes et les autorités de surveillance ». Pour autant, il convient de faire plus pour veiller au respect des normes européennes de sécurité « les plus élevées au monde », a reconnu le commissaire, assurant que la Commission continuera à travailler avec les États membres et les pays tiers - la Chine en particulier - pour garantir la sécurité de toute la chaîne d'approvisionnement.
Pour ce faire, il conviendra en priorité de: - raccourcir le délai entre une notification par un État membre et la réponse des autres États membres ; - intensifier la coopération avec les autorités des pays tiers exportateurs pour combler le déficit d'informations sur certains produits ; - réduire le nombre de produits considérés comme dangereux, mais dont le fabricant n'a pu être identifié ; - travailler à un cadre législatif pour améliorer la traçabilité des produits et simplifier le suivi de l'origine des produits ; - adopter au plus vite le paquet législatif sur la sécurité générale des produits et la surveillance des marchés dans l'UE.
Au palmarès 2013 des produits potentiellement dangereux qui ont été retirés du marché, les vêtements, les textiles et les articles de mode occupent toujours la première place (25% des alertes), ex aequo avec les jouets (25% des alertes, contre 19 % l'année précédente où ils n'occupaient que la seconde place). Suivent les appareils et matériels électriques (9% contre 11% en 2012), les véhicules automobiles (7% contre 8% en 2012) et les produits cosmétiques (4%, chiffre stable)
Pour les vêtements comme pour les jouets, les notifications signalaient le plus souvent des risques chimiques (par exemple, du chrome hexavalent dans les chaussures et les articles en cuir, ou des phtalates dans les jouets), ainsi que des risques de strangulation, de blessure et de suffocation pour les vêtements, à cause des cordons, coulissants ou non. Parmi les produits qui ont été interdits en 2013 figurent aussi des articles de puériculture (des baignoires pour bébés instables, et, pour la première fois, des poussettes particulièrement dangereuses qui se replient de manière intempestive) et des encres de tatouage recelant diverses substances chimiques interdites.
Si, l'an dernier, deux tiers des produits dangereux notifiés provenaient de Chine, 15% provenaient de l'UE et des pays de l'Espace économique européen, 11%, d'autres pays et pour 10% de ces produits l'origine était inconnue. S'agissant de la Chine, cette impossibilité d'identifier le fabricant concernait la moitié des notifications. (AN)