Bruxelles, 07/03/2014 (Agence Europe) - L'ambassadeur russe auprès de l'UE, Vladimir Chizhov, a critiqué, le 6 mars, à l'issue du Sommet sur l'Ukraine, le deux poids deux mesures de l'UE concernant la Constitution ukrainienne. Il dénonce le fait que l'UE utilise la Constitution pour déclarer illégal le référendum en Crimée, mais ne fasse pas de même pour le départ forcé de l'ancien président, Viktor Ianoukovitch.
« Il semble plutôt étrange que l'UE ait pris le droit d'interpréter la Constitution ukrainienne à sa seule discrétion pour déclarer que le prochain référendum en Crimée (le 16 mars concernant un rattachement à la Russie) contredit la Constitution et sera illégitime », a expliqué M. Chizhov à des médias russes. « D'une manière générale, je conseille à tout le monde d'être très prudent en ce qui concerne les référendums. Après tout, ils sont l'expression directe de la volonté du peuple », a-t-il ajouté. Le parlement russe respectera, pour sa part, le « choix historique de la Crimée au référendum », a annoncé le 7 mars le président de la Douma.
« Si l'Union européenne avait été véritablement préoccupée de savoir si les événements actuels sont en accord avec la Constitution ukrainienne, elle aurait facilement vu que dans les deux Constitutions (2004 et 2010) (…) il existe une certaine procédure d'éviction du chef de l'État du pouvoir », a ajouté l'ambassadeur rappelant que les trois options sont le décès, la démission ou la destitution. « Pour autant que Ianoukovitch est concerné, aucune de ces options ne s'applique. Dire que les autorités actuelles à Kiev sont légitimes ne sera possible que si l'on détourne les yeux de la dure réalité », a-t-il ajouté. (CG)