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Bulletin Quotidien Europe N° 11034
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) ukraine

L'annonce du référendum en Crimée a pesé sur les décisions de l'UE

Bruxelles, 07/03/2014 (Agence Europe) - L'annonce le 6 mars, pendant le Conseil européen, de l'organisation d'un référendum en Ukraine ainsi que l'interdiction, pour les observateurs de l'OSCE, de se rendre en Crimée « ont changé la physionomie du Conseil » européen extraordinaire sur l'Ukraine, ont indiqué à EUROPE plusieurs sources, vendredi 7 mars. « C'est pour cette raison que les dirigeants sont montés d'un cran par rapport à ce qu'avaient décidé les ministres » européens, a expliqué une de ces sources.

La discussion entre les chefs d'État et de gouvernement de l'UE n'a pas été conflictuelle, elle a surtout porté sur l'ampleur des sanctions et sur la façon de les expliciter.

La Lituanie aurait été le pays le plus enclin à sanctionner la Russie. La présidente, Dalia Grybauskaité, a regretté, à son arrivée au Conseil européen, le manque d'action rapide de la part de l'Europe, « qui n'est toujours pas capable de comprendre ce qui arrive ». Selon elle, la Russie essaie de réécrire les frontières de la Seconde guerre mondiale. Les deux autres pays baltes semblaient être sur la même position. La Pologne aurait été un peu plus mesurée, car elle doit tenir compte à la fois de sa position géographique tout en voulant peser sur les décisions, a précisé une source. La France et le Royaume-Uni étaient plutôt favorables aux sanctions, l'Allemagne et l'Italie un peu moins. Les Pays-Bas et le Luxembourg étaient relativement opposés à des sanctions pour laisser la porte ouverte au dialogue, mais les événements sur place ont fait bouger les lignes. Les positions des États membres dépendent des liens avec l'ex-URSS et de leurs relations économiques avec la Russie.

Des sources n'excluent pas la tenue d'un Conseil extraordinaire des ministres des Affaires étrangères ou des chefs d'État et de gouvernement, voire les deux.

Le président du Comité économique et social européen (CESE), Henri Malosse, a apporté son soutien à la décision du Conseil européen de maintenir la possibilité d'un dialogue. « Nous devons entamer un dialogue franc et profond avec la Russie le plus rapidement possible sur les trois aspects les plus importants et urgents », a-t-il expliqué (événements en Crimée, aspects commerciaux de la coopération de l'Ukraine avec la Russie et l'UE et le respect de la spécificité des différentes régions de l'Ukraine selon les principes des valeurs européennes). « Aucune atteinte à l'intégrité territoriale de l'Ukraine ne doit être acceptée. Nous devons être solidaires face à ces tendances séparatistes dangereuses, y compris un éventuel référendum qui serait contraire à la Constitution ukrainienne », a ajouté M. Malosse. (CG)

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