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Bulletin Quotidien Europe N° 11034
INSTITUTIONNEL / (ae) pe 2014

J.-C. Juncker fait son grand retour sur la scène européenne

Dublin, 07/03/2014 (Agence Europe) - Ecarté un temps de la vie politique à l'automne le temps d'élections nationales à l'issue troublée, Jean-Claude Juncker a fait, vendredi à Dublin, son grand retour sur la scène européenne. Le Luxembourgeois de 59 ans, rompu aux Eurogroupes et Premier ministre de son pays pendant 18 ans, a en effet été choisi à Dublin par ses pairs du PPE pour succéder à José Manuel Barroso à la présidence de la Commission européenne, au terme d'une campagne toutefois sans réel suspens. Grand favori depuis quelques semaines, Jean-Claude Juncker a été élu par 382 voix face à son concurrent français, Michel Barnier, qui n'en a lui recueilli que 245 (60,9% des suffrages contre 39,1%), en dépit d'un lobbying intensif mené jusqu'à la dernière minute.

Visiblement déçu, Michel Barnier partait toutefois avec un sérieux handicap. « Onze chefs d'État (sur 12) soutiennent Juncker », expliquait un proche du commissaire français jeudi soir. Et parmi ces responsables, Angela Merkel a de loin fait basculer les choses en faveur de son poulain luxembourgeois. « Jean-Claude Juncker n'a pas eu à faire campagne ; tous les députés CDU sont allés voir leurs homologues et leur ont demandé de ne pas se tromper lors du vote », raillait encore cette source.

Si des incertitudes pouvaient encore entourer le scrutin jeudi soir, notamment autour de la délégation espagnole, elles ont été rapidement levées. « Les Espagnols aiment bien le candidat Barnier, mais ils lorgnent la présidence de l'Eurogroupe et, donc, pour cela, il faut soutenir le candidat d'Angela Merkel », expliquait une source de la délégation PPE espagnole jeudi soir. Et vendredi midi, plus de 200 délégués dotés du droit de vote n'ont pas pris part au vote, s'étant abstenus ou n'étant pas présents.

La victoire de Jean-Claude Juncker n'en reste pas moins confortable et, dès l'annonce de sa victoire, l'ancien patron de l'Eurogroupe a voulu stopper toutes les spéculations sur ses ambitions supposées pour le Conseil européen. « Je pars du principe que les Traités seront respectés. Il est prévu, dans un Traité que j'ai moi-même négocié et signé, que le président de la Commission doit être choisi en fonction des élections. Si le PPE gagne, le Conseil européen portera son choix sur mon nom ».

Jean-Claude Juncker a également plaisanté sur le sujet. « Je ne suis pas du tout offensé que l'on cite mon nom à la Commission et au Conseil. Cela veut dire que je suis un produit rare ».

Juncker pas candidat aux Européennes. Plus sérieusement, l'ex-Premier ministre a précisé ses intentions et ne se présentera pas aux élections européennes. « Je n'ai pas l'ambition d'être député européen », a-t-il expliqué, jugeant peu sage de se lancer dans une campagne dont, si elle devait être fructueuse, il refuserait au final le mandat.

Sur le fond, le Luxembourgeois, « un vrai Européen », a rappelé son bilan à la fois au Conseil et à la tête de l'Eurogroupe pendant 8 ans. « En 2005, j'ai également dû gérer le double 'non' français et néerlandais au Traité constitutionnel ». Jean-Claude Juncker s'est attiré les applaudissements de la chancelière allemande lorsqu'il a évoqué le sort des jeunes Européens sans emploi, une génération qui risque d'être perdue, a-t-il dit.

Très applaudi par la salle, le commissaire français avait, lui, choisi de parler presque exclusivement en anglais. Egrenant quelques projets, dont certains sont communs avec Jean-Claude Juncker comme le besoin pour l'UE d'être en retrait sur des sujets moins importants pour les citoyens, le Français a toutefois livré un discours sans vrai éclat. Laissant d'ailleurs Angela Merkel totalement impassible.

Son candidat en poche, le PPE va pouvoir commencer sa campagne avec un « certain retard sur les socialistes », a reconnu Jean-Claude Juncker. Celui-ci n'aura d'ailleurs pas le temps de visiter tous les États membres, a-t-il prévenu, mais devrait être aidé par le Letton Valdis Dombrovskis et le Finlandais Jyrki Katainen, qui se déplaceront eux aussi sur le terrain. Que fera Michel Barnier ? S'il ne devrait pas se lancer dans les Européennes, comme il l'a suggéré le 6 mars, le commissaire français a promis toutefois vendredi de soutenir le candidat du PPE. Et de réunir toutes les forces derrière lui pour des élections qui s'annoncent par ailleurs difficiles pour les conservateurs. (SP)

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