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Bulletin Quotidien Europe N° 11034
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) eurogroupe

Pays sous programme et recapitalisation directe au menu

Bruxelles, 07/03/2014 (Agence Europe) - À dix-sept, les ministres des Finances de la zone euro devraient principalement, lundi 10 mars, prendre le pouls des pays sous programme. Ils aborderont également la recapitalisation directe des banques par le Mécanisme européen de stabilité ainsi que les récents documents économiques de la Commission européenne (prévisions économiques et bilans approfondis des déséquilibres macroéconomiques).

Il était devenu clair, vendredi 7 mars, que la Grèce n'aboutirait pas à un accord au niveau technique ('staff level agreement') avec la 'troïka' (Commission, BCE, FMI) avant l'Eurogroupe, selon une source de l'UE. Un accord des ministres n'est donc pas attendu et la 'troïka' devrait se contenter de les informer à propos des avancées sur le terrain. La Banque centrale grecque a publié hier les résultats de son passage au crible du secteur bancaire et a évalué à 6,382 milliards d'euros les besoins en recapitalisation. Ça c'est « leur chiffre » (aux Grecs, NDLR), a répondu notre source, interrogée sur les rumeurs d'un désaccord sur l'ampleur des besoins avec la 'troïka'. Simon O'Connor, porte-parole de la commission des affaires économiques et monétaires, a déclaré vendredi que les banques devraient d'abord chercher à se recapitaliser auprès de sources privées avant de solliciter des fonds publics. Les banques grecques ont l'une après l'autre fait connaître leur stratégie le même jour et le Fonds hellénique de stabilité financière s'est dit prêt à fournir les huit milliards qu'il reste de l'enveloppe destinée aux banques. M. O'Connor a par ailleurs précisé que la 'troïka' et les autorités grecques continueront à travailler d'arrache-pied pour boucler la présente mission aussitôt que possible.

Un haut fonctionnaire de l'UE a rappelé cette semaine qu'une fois cette mission terminée, il n'y en aura pas d'autre avant les élections. L'issue de celle-ci devrait alors donner lieu à un versement plutôt conséquent, compte tenu des besoins du pays en mai, où il devra faire face à une grosse échéance de remboursement.

L'Eurogroupe se penchera également sur le cas de Chypre, qui a mis en oeuvre, la semaine dernière, la dernière action préalable, qui ouvre la voie au versement d'une tranche de 150 millions du MES et 86 du FMI. Le MES y procédera début avril.

Sur le Portugal, dont le programme d'ajustement est toujours sur les rails, les ministres écouteront les progrès réalisés, mais aucune décision sur la sortie de programme n'est prévue en mars. La décision de solliciter ou non une ligne de crédit de précaution du MES reviendra aux autorités portugaises. « Plus nous approchons de la fin du programme, meilleure sera la base pour une décision », a indiqué ce haut fonctionnaire de l'UE, précisant qu'il y avait du pour et du contre pour chaque option.

La Commission présentera ensuite les résultats de ses bilans approfondis des déséquilibres macroéconomiques, où elle épingle notamment la France et l'Italie. Alors que le nouveau ministre italien présentera l'agenda économique du gouvernement de Matteo Renzi, l'Allemagne, l'Autriche et le Luxembourg devraient être questionnés sur leurs budgets respectifs. Ces pays n'avaient pas de gouvernement, lorsque la Commission devait rendre ses avis sur les programmes de réformes nationaux.

Enfin, sur les chances de décrocher un accord sur les modalités de la recapitalisation directe des banques par le MES, ce haut fonctionnaire a déclaré: « je ne parierais pas ma maison là-dessus, ni même ma voiture, peut-être un de mes vélos, le plus vieux ».

À noter qu'à l'issue de l'Eurogroupe aura lieu la conférence intergouvernementale sur le dossier du mécanisme de résolution unique (voir autre nouvelle). (EL)

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