login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11007
Sommaire Publication complète Par article 40 / 40
CONSEIL DE L'EUROPE / (ae) jai

La liberté de religion s'arrête-t-elle quelque part ?

Strasbourg, 29/01/2014 (Agence Europe) - Une audition a été organisée au Conseil de l'Europe sur le thème de la circoncision, après les débats provoqués par le rapport sur « le droit des enfants à l'intégrité physique'. À terme, un rapport sur la question des limites de la liberté de religion pourrait être envisagé.

C'est peu de dire que la résolution assortie d'une recommandation sur le 'droit des enfants à l'intégrité physique' adoptée par l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) en octobre dernier fait grand bruit (EUROPE 10934). En cause, la mention dans le texte de la circoncision au même titre que l'excision ou bien encore le piercing. L'affaire avait alors suscité un tollé de protestations essentiellement au sein des communautés juives et provoqué un courrier du président israélien, Shimon Peres, au secrétaire général de l'institution strasbourgeoise, Thorbjorn Jagland.

L'affaire n'est pas finie et une audition a été organisée mardi 28 janvier par la commission des questions sociales, de la santé et du développement durable de l'APCE. Experts scientifiques, autorités religieuses juives et musulmanes, membres de la société civile se sont ainsi exprimés en présence du rapporteur sur le texte, Mme Marlene Rupprecht. Celle-ci s'en est tenue à la lettre à ce qui a été adopté: l'interdiction de la circoncision n'est en aucun cas réclamée, tout juste s'agit-il de se poser la question des droits de l'enfant en la matière. « Quoi qu'il en soit, a-t-elle conclu, nous attendons la réaction du comité des ministres ». À terme, même si cela n'a pas été évoqué lors des débats, l'APCE envisage de lancer sur les rails un autre rapport qui poserait la question plus générale de la liberté de religion au regard des autres libertés. Draine-t-elle des conflits potentiels ? S'arrête-t-elle quelque part ? Le 'bureau' de l'APCE doit déterminer l'opportunité ou pas d'un tel rapport. S'il y est favorable, la procédure prendra plusieurs mois et n'aboutirait au mieux qu'à la fin de l'année prochaine. D'ici là, rien ne dit que les esprits se seront calmés, l'affaire ayant même atteint le Parlement européen où la Française Françoise Grossetête (PPE) s'inquiète de l'amalgame Union européenne/Conseil de l'Europe dans l'esprit des citoyens. « Le Parlement européen n'a rien à voir avec les attaques inadmissibles portées à la pratique de la circoncision! », a-t-elle tenu à préciser, en demandant aux représentants de la communauté juive de le faire savoir. (VL)

Sommaire

ÉCONOMIE - FINANCES
INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
SOCIAL
ACTION EXTÉRIEURE
CONSEIL DE L'EUROPE