Strasbourg, 29/01/2014 (Agence Europe) - Si le Parlement européen et le Conseil de l'Europe sont voisins strasbourgeois - une simple passerelle les sépare -, on ne peut cependant pas dire que les deux institutions brillent par leur synergie. Et la seconde a clairement l'impression d'être snobée par la première... Ce mercredi 29 janvier, le discours de Martin Schulz, président du Parlement européen devant l'hémicycle de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), a dès lors pris l'allure d'un petit événement que l'orateur lui-même espère fondateur.
« Jean-Claude Mignon nous a dit 'utilisez-nous !' », a rappelé Martin Schulz en évoquant une visite de l'ancien président de l'APCE au Parlement européen [Le Français Jean-Claude Mignon a présidé l'APCE de janvier 2012 à janvier 2014. La Luxembourgeoise Anne Brasseur lui a succédé lundi dernier et a annoncé que le rapprochement de l'APCE avec l'UE resterait un chantier prioritaire]. Et le message semble ne pas être tombé dans l'oreille d'un sourd puisque Martin Schulz a promis de tout faire pour que l'expertise du Conseil de l'Europe soit désormais davantage exploitée dans les sujets traités au Parlement européen. Si les avis de la Commission de Venise et les arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme sont déjà pris en compte par l'Union européenne, il est clair en effet que le large champ des rapports examinés par l'APCE constitue un autre fonds potentiellement précieux, notamment sur les sujets dits de société. Martin Schulz n'en a voulu pour exemple que le dossier « Internet et la politique », examiné et voté par l'assemblée juste avant son allocution. « Nous travaillons sur les mêmes sujets », a-t-il dit, évoquant la directive sur la protection des données. « Il est évident que des collaborations plus proches nous permettraient d'atteindre une synergie. Nous devons travailler ensemble. »
Pour lui, la prochaine adhésion de l'Union européenne à la Convention européenne des droits de l'homme - texte fondateur du Conseil de l'Europe - sera « un signal important » du rapprochement entre les deux institutions. « Une délégation du Parlement européen pourra alors participer avec vous à l'élection des juges de la Cour européenne des droits de l'homme, et l'influence de la jurisprudence de celle-ci s'intensifiera dans les actes législatifs du Parlement », a ajouté Martin Schulz, après avoir reconnu que l'Union européenne manquait encore d'outils pour faire pleinement prévaloir les valeurs de la démocratie dans ses États membres. « Nous demandons aux pays candidats toutes les garanties avant leur adhésion en espérant ainsi tout régler », a-t-il dit, « mais lorsque des déviances interviennent après l'adhésion nous ne disposons pas, en matière des droits de l'homme, d'outils comparables à ceux mis en place pour garantir la bonne gouvernance économique ». La Hongrie était dans toutes les têtes. (VL)