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Bulletin Quotidien Europe N° 10974
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

David Cameron irrité par Laszlo Andor

Bruxelles, 29/11/2013 (Agence Europe) - Présent à Vilnius pour le sommet sur le Partenariat oriental, David Cameron a profité de son déplacement pour mettre à l'ordre du jour la question de l'immigration des Européens au Royaume-Uni, en particulier celle des Bulgares et des Roumains. Le Premier ministre britannique devait mettre cette question sur la table, rapportent plusieurs médias. Mais David Cameron s'en est aussi officiellement pris au commissaire à l'Emploi, Laszlo Andor, qui avait indiqué en milieu de semaine que la réaction de David Cameron était excessive et pouvait conduire à faire passer le Royaume-Uni pour le « méchant » de l'UE. Sur son compte Twitter, le Premier ministre a officiellement sollicité José Manuel Barroso pour qu'il réprimande son commissaire. Pour M. Cameron, les propos du commissaire Andor sont « inappropriés » de la part d'un « officiel payé par les contribuables britanniques et européens ».

Dans une tribune publiée mardi dans le Financial Times, le Premier ministre a proposé de revoir les règles de la libre circulation et de ne plus la rendre « inconditionnelle ». Il a également exprimé son souhait de réduire l'accès de certains migrants aux prestations sociales britanniques. Démarche qui a également suscité la réaction de Viviane Reding, jugeant « non-négociable » le principe de la libre circulation des Européens.

Mais vendredi à Londres lors du congrès des libéraux européens, le vice-Premier ministre britannique, Nick Clegg, pro-européen et partisan affiché du maintien du Royaume-Uni dans l'UE, a également apporté un soutien à David Cameron, expliquant que le droit à la libre circulation n'est pas « un droit à réclamer », en l'occurrence les prestations sociales. Le vice-Premier a ainsi expliqué qu'un citoyen britannique devait attendre trois mois quand il se rend aux Pays-Bas avant de percevoir des prestations. « Ce sont donc ces règles qu'il faut préciser », a dit Nick Clegg tout en assurant de sa volonté de préserver la libre circulation qui est un « acquis formidable ». Le vice-Premier ministre a également soutenu David Cameron quant aux propos de M. Andor, estimant que le commissaire hongrois se trompe en disant cela.

La semaine prochaine, le gouvernement britannique doit annoncer une série de mesures limitant par exemple à six mois les allocations chômage aux migrants à moins qu'ils ne prouvent qu'ils recherchent activement un emploi ou en imposant une période de trois mois pour obtenir le chômage. Pour Nick Clegg, rapporte le Guardian, ces mesures seraient en ligne avec les règles européennes actuelles.

Présente à Londres, la commissaire Cecilia Malmström a jugé que la Commission aurait d'abord à examiner précisément les plans de David Cameron. Mais, a-t-elle rappelé, il faut rester « prudent avec le langage et ne pas avoir un langage stigmatisant » envers les migrants européens, notamment des pays de l'Est. Les Britanniques sont eux aussi des milliers à vivre dans un autre État membre et à vivre notamment dans des pays du Sud au climat des plus accueillants. « Il y a très peu de statistiques » étayant les problèmes évoqués par Londres, a-t-elle dit, insistant sur le fait que selon les règles actuelles, aucun Européen ne peut prétendre rester sur le territoire d'un État membre ni bénéficier de prestations s'il ne peut justifier sa présence après trois mois. (SP)

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