Bruxelles, 13/11/2013 (Agence Europe) - Les Chypriotes et les Grecs, tout comme des députés européens, ont condamné, le 12 novembre, les propos du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, niant l'existence de Chypre. La Commission européenne a rappelé qu'elle a exhorté à ce que soit évitée toute sorte de menace, de source de friction ou action susceptible de nuire à des relations de bon voisinage.
Le porte-parole du gouvernement de la République de Chypre, Christos Stylianides, a expliqué sa « surprise et profonde préoccupation » concernant ces déclarations. Alors que les communautés chypriotes grecque et turque travaillent à une déclaration commune, visant à relancer les pourparlers, « M. Erdogan devrait plutôt montrer sa bonne volonté et prouver de façon concrète ses déclarations répétées pour une solution rapide », a-t-il ajouté. Pour le porte-parole du ministère des Affaires étrangères grec, Konstantinos Koutras, le fait que « le Premier ministre turc ait contesté l'existence même de la République de Chypre devrait finalement réveiller la communauté internationale sur les véritables intentions de la Turquie sur la question chypriote ». « Tout autre commentaire à ce sujet est superflu », a-t-il ajouté.
Chypre internationalement reconnue
Tout en rappelant que la Commission européenne ne commente pas les déclarations ou leur interprétation dans les médias, Peter Stano, le porte-parole du commissaire à l'Élargissement, Stefan Füle, a rappelé la Stratégie sur l'élargissement 2013. Dans celle-ci, « la Commission exhorte à ce que soit évitée toute sorte de menace, source de friction ou action susceptible de nuire à des relations de bon voisinage et au règlement pacifique des différends. L'engagement et la contribution de la Turquie en des termes concrets à un règlement global de la question chypriote sont cruciaux ». M. Stano a rappelé que « l'UE compte 28 États membres qui sont internationalement reconnus et l'un d'eux est Chypre ». L'UE a adopté, le 21 septembre 2005, une déclaration qui rappelle que la Turquie doit appliquer le protocole d'Ankara, reconnaître tous les États membres et normaliser ses relations avec eux.
Dans un communiqué commun, les députées européennes PPE chypriote, Eleni Theocharous, et grecque, Marietta Giannakou, ont condamné les remarques de M. Erdogan, considérant qu'elles sont « inacceptables », une « insulte à l'UE et à la loi internationale ». Selon les médias grecs, les députés européens Takis Hadjigeorgiou (GUE) et Sophocles Sophocleous (S&D) auraient envoyé des lettres à la Commission demandant des clarifications sur sa position et une condamnation de ces propos.
M. Erdogan a considéré qu'inclure Chypre dans l'élargissement de 2004 était politiquement motivé. « Ils ne les ont pas admis parce qu'ils étaient en harmonie avec les lois de l'UE. Ils les ont admis dans une décision politique. Je vais vous donner un exemple. L'un d'eux est Chypre Sud. Faites attention ! Ils ne l'ont pas admis comme Chypre Sud. Ils l'ont admis comme Chypre. Il n'y a pas de pays appelé Chypre. Il y a l'administration locale de Chypre Sud », aurait-il expliqué, selon le journal chypriote turc Kibris. (CG)