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Bulletin Quotidien Europe N° 10938
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) eurogroupe

Aucune décision attendue pour les pays sous programme

Bruxelles, 08/10/2013 (Agence Europe) - L'Eurogroupe devrait renvoyer à novembre plusieurs décisions visant les pays sous programme, lundi 14 octobre à Luxembourg. Il se penchera aussi sur la question du soutien public dans le cadre de l'Union bancaire.

De retour d'Athènes, la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) informera les ministres de la situation en Grèce, alors que les autorités grecques tablent sur un retour de la croissance en 2014 après 6 années de récession (EUROPE 10937). Néanmoins, le versement de la tranche restante d'1 milliard d'euros n'aura pas lieu tant que toutes les mesures conditionnelles (plan de privatisation, mise en réserve de fonctionnaires…) n'auront pas été totalement remplies. « Il n'y aura pas, à ce stade, de discussion approfondie sur la manière de résorber le trou budgétaire potentiel », a indiqué cette source européenne, les données budgétaires pour 2013 n'étant pas finalisées et les résultats des 'stress tests' sur les banques grecques n'étant pas attendus avant la fin de l'année.

La mise en œuvre par le Portugal de son programme est « globalement sur les rails ». Les discussions avec la 'troïka', qui a récemment achevé sa mission à Lisbonne, ont été « difficiles », notamment sur le maintien de l'objectif de réduction du déficit public à 4% du PIB alors que les autorités portugaises avaient tenté de négocier un nouvel allègement de leurs obligations, à 4,5% du PIB, a ajouté cette source, convaincue que Lisbonne sera en mesure d'atteindre ses objectifs budgétaires si sa « détermination est maintenue » (EUROPE 10936). Toute décision sur le versement d'une nouvelle tranche ne sera pas prise avant novembre et il est encore « beaucoup trop tôt » pour évoquer la sortie du programme fixée au printemps 2014.

Mardi, la banque centrale portugaise a relevé ses prévisions économiques pour le Portugal grâce à une hausse des exportations, tablant désormais sur une récession de 1,6% du PIB en 2013 (2% auparavant). Le gouvernement présentera, la semaine prochaine, son projet de budget 2014 qui dévoilera la façon de compenser les économies attendues de mesures ayant été désapprouvées par la Cour constitutionnelle du pays.

La fin du programme irlandais, fixée à fin 2013, est proche. Le versement d'une ultime tranche d'aide aura lieu courant novembre. La question d'un soutien européen pour permettre à Dublin de retrouver son autonomie financière ne pourra pas être discutée avant la publication des résultats des tests de résistance bancaire en cours de réalisation. Pour l'Irlande, compte tenu de la trajectoire budgétaire du pays et des conditions actuelles de marché, le scénario le plus plausible est celui d'une sortie de programme sans heurt. Les Irlandais font face à « des conditions tellement favorables » qu'une ligne de crédit préventive du MES et/ou du programme 'OMT' de la BCE n'est « pas nécessaire », a considéré ce fonctionnaire de haut rang.

Lui aussi sur les rails, le programme espagnol, focalisé sur la restructuration du secteur financier en échange d'une aide de 40 milliards d'euros, devrait s'achever sans difficulté. « Toute mesure de suivi est considérée comme inutile et n'a pas lieu d'être », a estimé cette source européenne (EUROPE 10932).

Le programme chypriote n'est pas à l'ordre du jour de l'Eurogroupe.

La Slovénie a reconnu réfléchir à une aide du MES pour sauver son secteur bancaire (EUROPE 10937). Les résultats des 'stress tests' bancaires en cours, attendus pour dans « deux semaines », diront si l'Eurogroupe devra aborder le sujet en novembre, a indiqué cette source.

Union bancaire. Les Dix-sept ministres des Finances poursuivront leurs travaux sur les volets 'supervision' et 'résolution' de l'union bancaire.

Premier sujet de discussion, la question des montages financiers d'origine publique ('backstops') qui, en dernier recours, pourraient être mobilisés pour combler les déficits de fonds propres, une fois connus en 2014 les résultats des analyses de la BCE et de l'Autorité bancaire européenne. Sur ce point, les ministres adopteront une déclaration « plus tard cette année ». Deuxième sujet de discussion, celui des 'backstops' qui permettraient d'épauler, en cas de besoin, la résolution de banques défaillantes avant qu'un fonds européen - comme l'a proposé la Commission européenne - ou un réseau de fonds nationaux de résolution - comme le souhaitent plusieurs États membres dont l'Allemagne - ne soit opérationnel.

Dans les deux cas, le Mécanisme européen de stabilité (MES) pourrait jouer un rôle. L'intervention du fonds de sauvetage permanent, détenu par les Dix-sept et fonctionnant sur la base d'un traité intergouvernemental, serait relativement aisée pour les pays de la zone euro. Elle pose des questions juridiques et institutionnelles plus complexes dans le cas d'une intervention impliquant des banques de pays hors zone euro qui auraient décidé de participer à l'union bancaire. (MB)

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