Strasbourg, 08/10/2013 (Agence Europe) - Les députés européens ont espéré, mardi 8 octobre, que la récente tragédie de Lampedusa (EUROPE 10936) pourrait agir comme une piqûre de rappel sur les États, réunis le même jour à Luxembourg, afin de prendre des actions réelles, d'une part, pour prévenir de telles catastrophes et, d'autre part, se doter d'une politique migratoire commune.
« J'espère que les dirigeants européens vont prendre la mesure de ce qui s'est passé », a déclaré Hélène Flautre (Verts/ALE, France). Et son alliée, Rebecca Harms (Allemagne) d'aller plus loin: « Je ne sais pas combien de larmes on va encore écraser », a-t-elle lancé, évoquant le discours du président du Parlement européen, Martin Schulz, la veille à l'ouverture de la session plénière à Strasbourg. « C'est un peu de l'hypocrisie », a-t-elle continué, regrettant qu'il n'y ait pas de résolution « qui montre quelles conséquences on va en tirer ». Le Belge Guy Verhofstadt (ADLE) a également souligné le fait qu'il s'agit « d'une tragédie continue », dont on parle aujourd'hui mais qui a fait environ 25 000 victimes au cours des vingt dernières années. « Ce drame aurait pu être évité », a regretté Marie-Christine Vergiat (GUE/NGL, France), faisant état des mêmes chiffres.
Si Hélène Flautre déplore « les pleurnicheries budgétaires » de FRONTEX (l'agence pour la gestion des frontières), M. Verhofstadt a, pour sa part, appelé au renforcement des moyens financiers « de toute instance européenne qui peut aider à éviter des tragédies pareilles ».
M. Verhofstadt, comme l'Autrichien Hannes Swoboda, chef de file des socialistes au PE, a préconisé d'aider les pays d'où viennent ces migrants. M. Swoboda plaide de son côté également pour un soutien aux pays de transit, comme la Tunisie et le Liban, ainsi que pour une abolition des peines nationales contre les citoyens qui portent secours aux migrants. Le S&D exhorte par ailleurs le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, à mettre ce sujet à l'agenda de la prochaine réunion des chefs d'État et de gouvernement, les 24 et 25 octobre prochains.
Les Verts et les libéraux appellent également l'UE à se doter d'une politique migratoire commune. « On a construit une maison, on a oublié les portes, alors les gens entrent par la fenêtre », a ironisé Daniel Cohn-Bendit (Verts/ALE, France). Et d'ajouter qu'il fallait des règles pour l'immigration pour permettre aux portes de s'ouvrir. (EL)