Bruxelles, 08/10/2013 (Agence Europe) - Européens et Brésiliens veulent accroître leurs opportunités de business. Le commissaire Tajani va présider, côté européen, un groupe de travail conjoint.
Conformément aux souhaits exprimés par les dirigeants de l'UE et du Brésil, lors du 6ème sommet bilatéral en janvier dernier (EUROPE 10772), un groupe de travail conjoint de haut niveau va voir le jour cette semaine pour évaluer les nouvelles opportunités commerciales et d'investissement. C'est à cette fin que le commissaire à l'Industrie, Antonio Tajani, qui coprésidera le groupe côté européen, en contact étroit avec ses collègues Karel De Gucht (Commerce) et Máire Geoghegan- Quinn (Recherche), se rendra au Brésil les 10 et 11 octobre, accompagné d'une délégation d'entreprises et d'associations industrielles. Sont inscrites à l'agenda du commissaire Tajani des réunions avec les ministres brésiliens Luiz Alberto Figueiredo (Affaires étrangères), Fernando Pimentel (Industrie et Commerce) et Aloizio Mercadante (Éducation).
L'objectif du groupe de haut niveau est d'explorer les possibilités de coopération industrielle entre l'UE et le Brésil, en matière de haute technologie, d'innovation industrielle, de R&D, d'internationalisation des PME et de normalisation (spécifications techniques et réglementaires, certification) afin de faciliter les échanges. Les partenaires veulent aussi stimuler le partage d'informations en matière de R&D, en particulier dans le secteur de l'énergie (pétrole, gaz et énergies renouvelables). Les travaux du groupe visent également à renforcer les contacts entre les milieux d'affaires afin de promouvoir un meilleur climat pour l'investissement. En parallèle du groupe, les associations européennes BusinessEurope et EuroChambres et leur homologue brésilienne CNI vont lancer un groupe de travail mixte pour faire avancer l'agenda bilatéral.
Premier partenaire commercial de l'UE sur le continent sud-américain (37% du total des échanges de l'UE avec la région et 43% de tous les investissements de l'UE en Amérique latine), le Brésil est un marché clé pour les entreprises européennes. Participant à 20% des échanges du pays, l'UE est pour sa part le premier fournisseur du Brésil (20% de ses importations) et un important débouché (18% de ses exportations). En 2012, l'UE y a exporté pour 39,5 milliards d'euros de marchandises (dont 90% de produits manufacturés - voitures, avions, produits chimiques et machines) et a importé pour 37 milliards d'euros (dont 70% sont des produits agro-alimentaires et des matières premières - soja, tourteaux, minerai de fer, café et pétrole brut). L'UE a aussi enregistré un excédent de 5,7 milliards d'euros pour les échanges de services (12,7 milliards d'euros de services exportés vers le Brésil, 7 milliards d'euros importés). Enfin, l'UE est le premier investisseur étranger au Brésil, avec plus de 40% du stock total d'IDE du pays. En 2011, les flux d'IDE vers le Brésil ont atteint 27,5 milliards d'euros, ceux du Brésil en EUROPE 3 milliards d'euros seulement.
Au-delà des perspectives qu'offre cette relation déjà importante, l'UE est confrontée au défi d'un marché brésilien relativement bien protégé, avec un tarif douanier appliqué de 12% en moyenne, aidé par un gouvernement dont les recours aux restrictions commerciales sont en nette hausse. L'UE a notamment dans le viseur un régime fiscal basé sur des exigences de contenu local. Mais pas seulement. De tous les pays étudiés dans son dernier rapport sur les restrictions aux échanges des pays tiers, le Brésil compte pour plus d'un tiers des restrictions liées aux marchés publics. Ces restrictions peuvent forcer l'utilisation de produits nationaux et la délocalisation d'entreprises. En outre, le Brésil protège fortement certains secteurs de son industrie contre la concurrence étrangère (EUROPE 10912). (EH)