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Bulletin Quotidien Europe N° 10917
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) syrie

L'UE veut une réponse claire et forte de la communauté internationale

Vilnius, 09/09/2013 (Agence Europe) - Les Européens ont appelé à une réponse « claire et forte » de la communauté internationale à l'attaque aux armes chimiques du 21 août en Syrie, dans une déclaration commune qu'ont adoptée à l'unanimité les 28 ministres des Affaires étrangères, le 7 septembre à Vilnius.

« Face à l'utilisation cynique d'armes chimiques, la communauté internationale ne peut pas rester oisive. Une réponse claire et forte est cruciale pour indiquer clairement que de tels crimes sont inacceptables et qu'il ne peut pas y avoir d'impunité », ont-ils souligné. Ils veulent « éviter de créer un précédent épouvantable pour l'utilisation des armes chimiques en Syrie une nouvelle fois, ou partout ailleurs ». Mais les ministres ne précisent pas la forme que devrait prendre la réponse.

Ainsi, reconnaissant qu'une « attaque chimique à large échelle a été perpétrée dans les faubourgs de Damas », le 21 août et que « des informations d'une large variété de sources confirment l'existence d'une telle attaque », les ministres ont souligné que cette attaque « constitue une violation flagrante de la loi internationale, un crime de guerre, et un crime contre l'humanité ». « Nous avons été unanimes dans la condamnation dans les termes les plus forts cette attaque terrifiante », ont-ils ajouté.

Responsabilité du régime

La responsabilité du régime est même pointée du doigt. « Il semble exister de fortes preuves/indications que le régime syrien est responsable de ces attaques, car il est le seul à posséder des agents d'armes chimiques et des moyens pour les livrer dans une quantité suffisante », soulignent les États membres dans leur déclaration. L'UE rappelle la responsabilité individuelle des auteurs des attaques de ce type, qui doivent être tenus pour responsables, et du rôle de la Cour pénale internationale dans l'investigation et le jugement de tels actes.

Les ministres expliquent aussi « la nécessité d'avancer avec la crise syrienne à travers le processus de l'Onu » et « espèrent qu'un rapport préliminaire sur cette première enquête pourra être publié aussi vite que possible et salue la déclaration du président Hollande qui a décidé d'attendre ce rapport avant toute autre action ».

Selon plusieurs ministres, l'annonce du président français d'attendre le rapport de l'Onu a été un tournant dans les discussions qui s'annonçaient difficiles même si, selon des sources européennes, la majorité des États membres souhaitait, dès vendredi, attendre le rapport de l'Onu dont la publication doit intervenir d'ici une à deux semaines (EUROPE 10916). Telle fut la requête du ministre allemand, Guido Westerwelle, qui aurait été ensuite appuyée par ses homologues. Attendre le rapport est une question de crédibilité, comme l'ont suggéré plusieurs ministres. Selon le Luxembourgeois Jean Asselborn, le rapport pourrait être publié d'ici une semaine et demie.

Dans sa déclaration, l'UE exhorte le Conseil de sécurité des Nations unies à s'unir dans ses efforts pour éviter toute autre attaque chimique. « Pour cela, l'UE encourage le Conseil de sécurité à remplir ses responsabilités et à prendre toutes les initiatives pour atteindre ce but », expliquent les ministres, précisant que l'UE et ses États membres ont l'intention de jouer un rôle « plein et actif ».

Une nouvelle fois, les ministres précisent que « seul un processus politique peut arrêter ce terrible bain de sang, des violations graves des droits de l'homme et la destruction de la Syrie » et demandent à ce que l'initiative pour une conférence pour la paix avance « rapidement ». « La nécessité d'une solution politique est affirmée », a souligné la ministre italienne, Emma Bonino, avant d'ajouter: « Il n'y a pas de solution militaire » au conflit en Syrie.

L'UE va aussi maintenir son aide à la population syrienne, précisent les Vingt-huit.

L'Allemagne se rallie à la déclaration des 11 du G20

M. Westerwelle a annoncé, samedi, la signature par l'Allemagne de la déclaration de 11 États membres du G20 « soutenant les efforts entrepris par les États-Unis et d'autres pays pour renforcer l'interdiction de l'utilisation des armes chimiques ». Cette déclaration a été signée à Saint-Pétersbourg par la France, le Royaume-Uni, l'Italie et l'Espagne. Le ministre allemand a expliqué que Berlin n'avait pas formulé d'objection notable lors de la présentation du texte, la veille, en marge du G20. « Mais nous voulions donner l'opportunité d'une consultation au niveau européen », a-t-il précisé ajoutant que l'Allemagne se voulait l'avocat des petits pays de l'UE ne siégeant pas au G20. Non membre du G20, le Danemark devrait s'associer à la déclaration, selon une source danoise, tandis que la Lituanie a aussi exprimé son soutien au texte.

« Les choses ont beaucoup bougé au cours de ce week-end », s'est félicité le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, de retour à Paris. « Ce qui me frappe, c'est qu'au fur et à mesure qu'on explique de quoi il s'agit, les idées bougent », a-t-il noté. Il a qualifié de « bonne chose » le fait que l'Europe soit soudée sur la question syrienne. À noter que la déclaration des ministres européens ne fait nullement référence à celle du G20, même si l'opportunité d'inscrire une telle référence a été un point des débats de Vilnius.

La déclaration des Vingt-huit saluée par les États-Unis

À Paris, après la réunion du 'Gymnich' à Vilnius, le secrétaire d'État américain, John Kerry, a salué l'engagement des Européens, qualifiant de « très puissante » la déclaration de l'UE. Le secrétaire général de la Maison Blanche, Denis McDonough, a aussi salué la position européenne. « L'Union européenne dit que le gouvernement syrien doit être tenu pour responsable. On n'en est plus à débattre si (l'attaque par armes chimiques du 21 août) a eu lieu ou non, c'est important », a-t-il expliqué. Selon un responsable américain à l'AFP, M. Kerry a dit « clairement que les États-Unis n'avaient pas décidé d'attendre » le rapport des inspecteurs de l'Onu. (CG avec OJ)

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