Bruxelles, 31/07/2013 (Agence Europe) - Le comité de l'UE pour la pêche et l'aquaculture a soutenu, mercredi 31 juillet, une proposition émanant des services de la commissaire à la Pêche, Maria Damanaki, visant à sanctionner les îles Féroé qui se livrent à la surpêche de hareng atlanto-scandinave. Il est reproché à ce pays d'avoir quitté la table des négociations sur la gestion des stocks de hareng et surtout de s'être arrogé un quota énorme de hareng pour 2013 (EUROPE 10848).
Les sanctions, qui doivent encore être discutées et adoptées par la Commission européenne, incluent des restrictions aux importations de hareng et d'espèces associées pêchées par les îles Féroé, ainsi que des restrictions d'accès aux ports de l'Union européenne pour les navires des îles Féroé, sauf pour des raisons de sécurité. La décision de la Commission pourrait intervenir dans le courant du mois d'août.
Le stock de hareng atlanto-scandinave est exploité par la Norvège, la Fédération de Russie, l'Islande, les îles Féroé et l'Union européenne conformément à des mesures de gestion établies d'un commun accord par voie de consultation entre ces pays. Les îles Féroé ont décidé de ne pas participer aux consultations relatives à la gestion du stock pour 2013 et se sont attribué un quota à un niveau supérieur de 145% à leur quota de 2012. Ceci alors que les autres parties à cette pêche avaient accepté une réduction de 26% de leurs quotas pour protéger les stocks de hareng.
Les sanctions entérinées par l'UE sont fondées sur le règlement 1026/2012, qui prévoit l'adoption de mesures contre les pays qui ne coopèrent pas avec l'UE dans le cadre de la gestion de stocks d'intérêt commun et adoptent des mesures de gestion qui mettent les stocks halieutiques en danger. Les sanctions contre les îles Féroé sur le hareng peuvent servir de modèle, par exemple dans la guerre du maquereau qui oppose l'UE et la Norvège d'un côté à l'Islande et aux îles Féroé de l'autre. Mais, au sein de la Commission, des doutes existent sur le bien-fondé d'une telle procédure de sanctions. L'UE, pour être crédible, devrait être irréprochable. Or, alors qu'elle invoque un stock fragilisé, elle a fixé pour 2013 son quota au même niveau que celui de 2012 au lieu de le réduire. (LC)