Bruxelles, 31/07/2013 (Agence Europe) - Dans son rapport de suivi publié mercredi 31 juillet, le FMI a changé de vocabulaire lorsqu'il aborde la manière de réduire le fardeau de la dette grecque. Sans équivoque, l'institution de Washington a préconisé, dans un scénario où les inquiétudes qui entourent la soutenabilité de la dette grecque se révélaient trop pesantes sur la confiance des investisseurs, que les Européens envisagent de réduire ce fardeau d'une manière qui « entraînerait une réduction plus rapide de la dette qu'actuellement programmée ». Dans un précédent rapport, le Fonds évoquait plutôt une « approche plus frontale » (EUROPE 10863) de cette diminution de l'endettement hellène. Actuellement, les Dix-sept envisagent plutôt une réduction des taux d'intérêt adossés aux prêts accordés et une rallonge dans l'échéance de remboursement. Le FMI a rappelé dans ce rapport qu'étaient estimées à 4% du PIB les mesures additionnelles nécessaires pour que l'endettement hellène atteigne 124% du PIB en 2020, comme l'indique le rapport de suivi de la Commission de décembre 2012. Selon le FMI, ces mesures seront nécessaires en 2014 ou 2015. La zone euro devrait ouvrir le débat dès avril 2014, lorsque les performances budgétaires du pays seront connues. En juin 2013, une source de la Commission, interrogée sur la nécessité d'avoir recours à un procédé qui donnerait des résultats immédiats, comme un effacement pur et simple d'une partie des créances, avait souligné que l'accord passé par l'eurozone en novembre 2012 s'inscrivait dans une stratégie à long terme de la réduction du fardeau, pour que celui-ci atteigne ces 124% en 2020 et passe substantiellement sous 110% en 2022 (EUROPE 10863). Si le FMI craint qu'une dette trop élevée ne pèse sur la confiance des investisseurs, la zone euro considère pour sa part qu'un nouvel effacement des créances (après le PSI du printemps 2012) pourrait ôter l'envie à quiconque d'investir dans les obligations grecques. C'est ce qu'avaient affirmé récemment le ministre allemand des Finances et le président de l'Eurogroupe (EUROPE 10887). Les Européens devront également trouver comment combler un trou dans le financement de 4,4 milliards d'euros fin 2014 et de 6,5 milliards en 2015, selon le Fonds. (EL)