Bruxelles, 10/07/2013 (Agence Europe) - Le ton est monté mardi 9 juillet entre la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström, et le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, dont les propos sur le refoulement de migrants arrivés mardi matin de Libye ont suscité la colère et l'inquiétude de la responsable suédoise.
Les autorités maltaises avaient secouru dans la nuit de lundi à mardi trois embarcations parties de Libye avec 303 personnes à bord, et le Premier ministre avait annoncé mardi matin son intention de les renvoyer par avion en Libye.
« Je suis très préoccupée par les prises de position en faveur d'un refoulement de personnes qui viennent d'arriver à Malte et j'avertis que, conformément au droit européen et aux obligations internationales, toutes les personnes arrivées dans le territoire de l'UE ont le droit de présenter une demande d'asile et de bénéficier d'un traitement individuel », a réagi Mme Malmström, ajoutant que la Commission « utilisera tous les moyens dont elle dispose pour assurer que les États membres respectent leurs obligations ».
Le Premier ministre maltais a toutefois modéré par la suite ses propos et indiqué que Malte « appliquera » les décisions de la Commission européenne en matière d'immigration. « Nous respecterons la décision. Nous avons élevé la voix pour être pris en compte. La situation ne peut plus être tolérée », a dit le Premier ministre devant le parlement. Mais quelques minutes plus tôt, selon l'AFP, avant la réaction européenne, le Premier ministre travailliste avait annoncé qu'il renverrait ces immigrés clandestins, à l'exception des enfants et de leurs parents et des personnes physiquement vulnérables, soit un total de 45 personnes.
Les ONG maltaises, membres du Conseil européen pour les exilés et les réfugiés (CERE), avaient également alerté les institutions européennes dans l'après-midi et mis en garde contre un retour des migrants qui s'exposeraient à des tortures et mauvais traitements et mettrait également Malte en contradiction avec la légalité internationale.
Malte fait partie des pays ayant demandé une plus grande solidarité dans l'UE lors des négociations sur le 'paquet asile' et a obtenu un programme de réinstallation de réfugiés arrivés sur son territoire dans d'autres États membres, notamment en Allemagne. Mardi, Mme Malmström a redit la disponibilité de ses services pour venir en aide à cette petite île et a rappelé que le Bureau d'appui en matière d'asile, situé justement à la Valette, pouvait aussi apporter son concours. (SP)