Bruxelles, 10/07/2013 (Agence Europe) - De façon générale, Athènes continue à faire des progrès, quoique « souvent lents », dans la mise en œuvre du programme d'ajustement appliqué en échange d'une aide financière. Toutefois, « plusieurs actions importantes sont retardées », constate la Commission européenne dans un rapport de suivi provisoire qu'a rendu public Reuters, mercredi.
Le rapport, susceptible d'être modifié suite aux actions que doivent entreprendre les autorités grecques avant vendredi 19 juillet, la volonté du gouvernement grec de poursuivre certaines réformes se heurtant à des intérêts particuliers, comme la réforme de l'administration publique. Les autorités grecques ont raté l'objectif initial qui fixait à fin juin 2013 l'échéance d'inscrire 12 500 fonctionnaires dans un programme de mobilité ('mobility scheme'). La 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) a accordé jusque fin septembre à Athènes pour atteindre cette cible, avec une avance d'« au moins 4 200 » employés d'ici fin juillet. Avant fin 2013, 12 500 autres fonctionnaires devront aussi rejoindre ce programme.
Certaines mesures précédemment convenues n'ayant pas été appliquées, « un trou budgétaire pourrait apparaître en 2014 », pointe le rapport. Cette situation est aggravée par l'explosion du plafond de dépenses dans le secteur de la santé et les retards dans la collecte de l'impôt sur la propriété. La mission de la 'troïka' souligne les « incertitudes considérables » qui entourent les perspectives budgétaires et conclut qu'un trou budgétaire pourrait émerger déjà en 2013, malgré les mesures en mai pour le pallier. Pour combler les trous, des mesures prévues pour 2014, comme une taxe sur des produits de luxe, devront être prises plus tôt.
Dans le registre des bonnes nouvelles, le gouvernement grec a annoncé mercredi avoir dépassé ses objectifs en termes de déficit primaire (hors service de la dette) pour le premier semestre 2013.
Les résultats décevants dans le programme de privatisation, où les objectifs ont été manqués en 2012 et devraient l'être cette année, ont conduit les créanciers à anticiper les versements des tranches d'aide. Pour le 3ème trimestre, la contribution de l'Eurozone sera de 4,8 milliards d'euros et non pas de 3 milliards comme précédemment estimé. Cela s'explique également par les retards pris dans la mission des créanciers. Si d'aventure les banques centrales de l'Eurosystème tardaient à rétrocéder à la Grèce les profits engendrés dans le cadre du programme 'SMP' de rachat de dette, le Fonds européen de stabilité devrait alors intervenir.
Le retour à la croissance est, quant à lui, toujours prévu en 2014, mais entouré de risques significatifs qui pourraient le retarder, comme l'instabilité entourant la coalition gouvernementale.
D'ici à vendredi 19 juillet, Athènes doit mettre en œuvre les actions préalables pour que la zone euro accepte de procéder au versement d'une sous tranche de 2,5 milliards d'euros. Mardi soir, le pays s'est attelé à la tâche en présentant un projet de loi allant dans ce sens. (EL)