Bruxelles, 10/07/2013 (Agence Europe) - La présidence fera tout son possible pour sortir de l'ornière du Conseil le dossier du CO2 des voitures neuves qui avait pourtant fait l'objet d'un accord en trilogue, a assuré, mercredi 10 juillet, Valentinas Mazuronis, ministre lituanien de l'Environnement et président en exercice du Conseil Environnement. Venu présenter les priorités environnementales de la présidence lituanienne aux députés de la commission ENVI du Parlement européen (voir autre nouvelle), et assailli de questions de députés indignés du report du vote d'approbation au Coreper, il a indiqué que des consultations avec les États membres débuteraient le 17 juillet pour tenter de relancer la machine.
« Un État membre a obtenu que le vote soit différé. Je n'avais jamais connu ça en huit ans de présence au Parlement. Nous devons tout boucler en première lecture avant mars/avril, sinon cela peut durer une éternité » s'est, d'entrée de jeu, indigné l'Allemand Matthias Groote (S&D) qui préside la commission parlementaire. Linda McAvan (S&D, Royaume-Uni), dénonçant la « pression d'États membres, dont l'Allemagne », a demandé si le vote aurait lieu au Coreper du 17 juillet, le dernier avant la pause estivale. « Nous voudrions que le dossier soit clos et son résultat présenté à la conférence climatique onusienne de Varsovie (COP 19, novembre) », a-t-elle précisé. « Le dossier 'CO2 des voitures' est quasiment clos, je ne vois pas pourquoi ce dossier ne pourrait pas être bouclé », a renchéri Salvatore Tatarella (PPE, Italie).
« Nous allons lancer les consultations avec d'autres États membres pour voir si une majorité est possible ou si nous allons nous heurter à une minorité de blocage. Ensuite, nous pourrons nous décider pour les étapes suivantes. Une discussion est prévue le 17 juillet au Coreper pour clarifier les positions respectives », a annoncé M. Mazuronis. Et d'ajouter: « La présidence ne ménagera aucun effort, mais nous avons besoin d'un accord des États membres. »
Un potentiel précédent dangereux. « Ce n'est pas de votre faute, nous avions un mandat, les règles ont été changées en cours de route. C'est très grave pour les prochains trilogues. Quand il y un accord on doit pouvoir s'y tenir », a conclu Matthias Groote, ne cachant pas qu'il redoute la création d'un précédent, porteur de « perturbations durables qui pourraient mettre à mal la confiance des citoyens » dans le processus décisionnel européen.
Rappelons qu'un appel de la chancelière allemande, Angela Merkel, au Taoisach, Enda Kenny, le 26 juin avait conduit la présidence irlandaise à accepter de reporter jusqu'à nouvel ordre le vote prévu le même jour au sein du Coreper sur les modalités de réduction des émissions de CO2 des voitures neuves à l'horizon 2020, qui avait fait l'objet d'un accord politique en trilogue deux jours plus tôt en confirmant l'objectif de 95 grammes de CO2/km. Des ONG environnementales soupçonnent Berlin d'espérer obtenir une minorité de blocage maintenant que l'UE compte 28 États membres avec l'adhésion de la Croatie (EUROPE 10877, 10876 et 10874). (AN)