Bruxelles, 05/06/2013 (Agence Europe) - La France et le Royaume-Uni ont annoncé, les 4 et 5 juin, avoir des preuves de l'utilisation d'armes chimiques en Syrie. Le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, a annoncé, le 4 juin, que la France a « la certitude que le gaz sarin a été utilisé en Syrie à plusieurs reprises et de façon localisée ». Il a précisé avoir remis le jour même au chef de la mission d'enquête des Nations unies chargée d'établir les faits sur les allégations d'emploi d'armes chimiques en Syrie, des analyses réalisées par un laboratoire français désigné par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques qui « démontrent la présence de sarin dans les échantillons en notre possession ». « Il serait inacceptable que les coupables de ces crimes puissent bénéficier de l'impunité », a-t-il ajouté. À la télévision française, il a précisé que dans un des cas étudié il ne fait « aucun doute » que le régime est responsable de l'utilisation du gaz. Il a précisé que Paris discute avec ses partenaires, Américains et Britanniques, de « ce qu'il va falloir faire comme réponse éventuelle », précisant que « toutes les options sont sur la table », dont réagir « d'une façon armée ».
Londres a fait aussi état de preuves d'utilisation du gaz. « Nous avons obtenu des échantillons physiologiques de Syrie qui ont été testés en Angleterre, et les substances obtenues en Syrie ont révélé la présence de gaz sarin », a aussi annoncé le 5 juin un porte-parole du gouvernement britannique. Selon les estimations britanniques « l'utilisation d'armes chimiques en Syrie est très probablement le fait du régime de Damas ».
Dans un rapport publié le 4 juin, la Commission d'enquête des Nations unies sur la Syrie a répertorié l'usage d'agents chimiques à au moins quatre occasions, en mars et avril, sans que la nature de ces agents ni leurs utilisateurs ne soient pour l'instant connus.
L'UE profondément préoccupée. « L'UE suit avec une profonde préoccupation les rapports d'une éventuelle utilisation d'armes chimiques par n'importe quelle partie au conflit en Syrie », a souligné Michael Mann, le porte-parole de la Haute représentante Catherine Ashton. Ces rapports « indiquent avec plus ou moins de certitude que des quantités limitées de produits chimiques toxiques peuvent avoir été utilisées, mais ne tirent pas de conclusions sur les auteurs », a-t-il expliqué, soulignant que « des preuves sérieuses sont nécessaires pour examiner la réponse de l'UE ». « L'UE rappelle que toute utilisation d'armes chimiques dans n'importe quelles conditions est inacceptable », a-t-il ajouté. M. Mann a rappelé qu'il est « de la plus haute importance » que la mission d'enquête de l'ONU puisse commencer ses activités « dès que possible » et avoir le soutien du régime et des autres acteurs en Syrie. Elle doit aussi obtenir tous les accès nécessaires pour effectuer son enquête sur le terrain et recueillir les preuves nécessaires, a-t-il précisé.
Washington veut plus de preuves. Si les États-Unis ont toujours dit que l'utilisation d'armes chimiques était leur « ligne rouge ». Ils ont précisé qu'ils doivent « augmenter le faisceau des preuves en (leur) possession (...) avant de prendre une décision ». « Je noterai que selon les informations françaises (...), davantage de travail reste nécessaire pour établir qui est responsable de l'utilisation (de gaz), quelles quantités ont été utilisées, et recueillir davantage de détails sur les circonstances de leur utilisation », a expliqué le porte-parole de Barack Obama, Jay Carney.
Le gaz sarin, composé neurotoxique très volatil, est interdit par les Nations unies qui considèrent qu'il s'agit d'« une arme de destruction massive ». (CG)