login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10860
Sommaire Publication complète Par article 22 / 28
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) lettonie

Adhésion à l'euro, feu vert de la Commission et de la BCE

Bruxelles, 05/06/2013 (Agence Europe) - La Commission européenne et la BCE estiment la Lettonie apte à devenir le 18ème pays de la zone euro, dans deux rapports adoptés mercredi 5 juin (EUROPE n° 10858).

Le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, s'est dit « très heureux » d'annoncer que la Lettonie, dont la croissance économique sera « la plus forte » en Europe en 2013, était « prête à adopter l'euro au 1er janvier de l'année prochaine ». La décision définitive du Conseil Écofin pourrait intervenir dès juillet. Une manière, selon M. Rehn, de tordre le cou à ceux qui prédisaient la fin de la monnaie unique. Le commissaire a salué la capacité de Riga à « surmonter avec succès ses déséquilibres macroéconomiques, quoique sévères, et en ressort plus forte ». Il a loué « l'action énergique » du pays qui a amélioré sa capacité d'ajustement suite à la violente récession observée en 2008-2009 (chute du PIB de 20%). Pour redresser son économie, Riga avait fait appel à une aide financière internationale du FMI et de l'UE conditionnée à une cure d'austérité drastique.

Sur les critères de convergence à respecter pour adopter l'euro, la Commission observe qu'en avril 2013 le taux d'inflation moyen sur 12 mois s'élevait à 1,3%, bien au-dessous de la valeur de référence de 2,7% (calculée en ajoutant 1,5% à la moyenne des taux d'inflation observés en Suède (0,8%), Lettonie (1,3%) et Irlande (1,6%) sur la période). « La Lettonie devra rester vigilante afin de maintenir l'inflation à un niveau bas », souligne toutefois la Commission, consciente que l'introduction de l'euro s'accompagne d'une poussée des prix à la hausse. « La hausse des prix à la consommation en Lettonie a été très volatile au cours des dix dernières années, se situant en moyenne annuelle entre -1,2% et 15,3% », note aussi la BCE.

Sur le plan budgétaire, le déficit public letton est passé de 8,1% en 2010 à 1,2% en 2012 et devrait demeurer stable en 2013. La dette publique était de 40,7% du PIB en 2012. Fin mai, la Commission européenne a recommandé l'abrogation de la procédure pour déficit excessif ouverte à l'encontre du pays.

La Commission est d'avis que le taux d'intérêt à long terme sur les obligations lettones, fixé à 3,8%, « reflète la confiance du marché envers la Lettonie ». Ce niveau est bien au-dessous du niveau de référence de 5,5% calculé en ajoutant 2% à la moyenne des taux d'intérêt à long terme des emprunts d'État entre mai 2012 et avril 2013 en Suède (1,6%), Lettonie (3,8%) et Irlande (5,1%). Le lats letton participe au Mécanisme de change européen (MCE II) depuis mai 2005, une durée bien supérieure à la période minimale de deux ans.

Un Chypre potentiel ? La Commission constate « le niveau élevé » des banques détenues en Lettonie par des groupes étrangers. En outre, la moitié des dépôts sont également le fait de non résidents, essentiellement en provenance des ex-républiques soviétiques. Néanmoins, M. Rehn est d'avis que la Lettonie ne peut pas être comparée à Chypre, dont les négociations sur une aide financière de l'Eurozone ont ravivé la peur d'une contagion de la crise à l'Eurozone. La taille du secteur bancaire letton représente « 150% » du PIB national, cela fait une grande différence par rapport à la taille du secteur bancaire chypriote (800% de la richesse de l'île) avant restructuration, a-t-il indiqué. La participation de Riga aux mécanisme unique de supervision et de restructuration bancaires devrait aussi contribuer à garantir la résilience du système financier letton. M. Rehn a, quand même, plaidé pour la vigilance en matière de risques liés à la spécificité du secteur bancaire letton et il a invité Riga à lutter de manière déterminée contre le blanchiment d'argent.

La BCE adresse aussi son lot de recommandations à la Lettonie. Afin que le pays renforce sa capacité de résistance aux chocs économiques, elle demande au pays de: - poursuivre un « assainissement budgétaire ambitieux » dans le respect des règles du Pacte de stabilité et de croissance ; - pérenniser les gains de compétitivité acquis « en évitant une nouvelle accentuation de la hausse des coûts unitaires de main-d'œuvre » ; - améliorer ses capacités institutionnelles. (MB)

Sommaire

ACTION EXTÉRIEURE
POLITIQUES SECTORIELLES
INSTITUTIONNEL
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES