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Bulletin Quotidien Europe N° 10810
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) social

La Belgique dénonce une concurrence déloyale de l'Allemagne

Bruxelles, 19/03/2013 (Agence Europe) - La Belgique va déposer plainte devant la Commission européenne pour dénoncer les bas salaires et les mauvaises conditions de travail en vigueur dans le secteur allemand de la viande. Le gouvernement belge juge que l'emploi en Allemagne de travailleurs étrangers se fait dans des conditions « inadmissibles » et « indignes », ce qui équivaut à du dumping social qui fausse ainsi la concurrence avec le secteur belge de la viande.

Deux ministres belges, Johan Vande Lanotte (Économie) et Monica De Coninck (Emploi), se sont rendus à Hanovre, lundi 18 mars, pour rencontrer des responsables politiques et syndicaux locaux, donnant suite à des récriminations de la part d'entreprises belges. Ce qui est reproché par les autorités et les entreprises belges, c'est l'emploi en Allemagne de travailleurs de l'Est, en majorité roumains et bulgares, pour trois ou quatre euros de l'heure, 60 heures semaines. Le coût du traitement de la viande peut donc être jusqu'à trois fois plus avantageux pour les sociétés allemandes.

Toutefois, aucune législation européenne n'est ici enfreinte, ont souligné les deux ministres belges. Si la Commission va être saisie, c'est pour inciter l'UE à dénoncer des « pratiques indignes », comme l'emploi de travailleurs, qui sont sur le plan légal détachés, mais qui en réalité effectuent un travail à titre définitif, sans avoir droit à une protection sociale. Cette question est déjà débattue au niveau du Conseil de l'UE, mais les États buttent encore sur des aspects techniques pour renforcer la directive existante sur le détachement des travailleurs (EUROPE nº 10742).

L'absence en Allemagne de salaires minima dans ce secteur est également dénoncée par la Belgique. Mais comme l'a rappelé Jonathan Todd, le porte-parole du commissaire Laszlo Andor (Emploi), mardi 19 mars, la Commission n'a aucune compétence législative dans ce domaine. Il a toutefois souligné que la Commission a déjà donné son avis sur cette question (EUROPE nº 10597), en jugeant que la fixation de salaires minima contribue à réduire le nombre de travailleurs pauvres. Elle a par ailleurs estimé que le niveau choisi pour ces salaires doit refléter au mieux la productivité. Dans ces deux cas, l'Allemagne a été directement pointée du doigt. (JK)

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