Bruxelles, 19/03/2013 (Agence Europe) - Le Parlement européen plaide, en commission, pour un système de promotion pour les énergies vertes plus intégré au niveau de l'UE, et pour des objectifs pour l'après 2020.
Dans un projet de résolution adopté par 49 voix pour, 7 voix contre et 1 abstention mardi 19 mars sur la base du rapport de l'Allemand Herbert Reul (PPE), la commission de l'énergie plaide pour un mécanisme communautaire intégré pour soutenir le développement des renouvelables. Aux yeux des députés, la grande variété des systèmes nationaux de soutien aux renouvelables (il en existe 170), qui est due tant aux disparités entre les caractéristiques des marchés nationaux qu'aux différents potentiels et aux différentes étapes de modèles technologiques et de maturité, crée des problèmes de coûts inutiles et de manque d'efficacité dans les échanges transfrontaliers d'électricité. La commission de l'énergie plaide donc pour un mécanisme de soutien plus intégré au niveau européen, dont la Commission devrait évaluer le potentiel.
La commission de l'énergie plaide en outre pour que l'UE envisage de nouveaux objectifs et jalons en matière de renouvelables pour l'après 2020, et visant 2050. Partant de l'hypothèse de la Commission que la part des renouvelables dans le bouquet énergétique de l'UE dépassera les 30% à l'horizon 2030, les députés suggèrent que l'UE se fixe un objectif plus grand. Mais ils demandent à la Commission d'évaluer les coûts et les avantages de l'introduction d'une obligation à l'échelle de l'UE pour 2030. L'amendement introduit par les Verts demandant un objectif contraignant de 40 à 45% a été rejeté par 31 contre et 18 voix pour.
Enfin, les députés insistent sur la nécessité d'un cadre politique stable et sécurisé pour garantir l'investissement à long terme, mais aussi sur de meilleurs réseaux énergétiques et des infrastructures au plan national, et sur de meilleures interconnexions entre États membres. La Commission est invitée à prendre des mesures pour lever les obstacles aux échanges et à aider les entreprises de l'UE à accéder aux marchés tiers.
Efficacité et réduction de coûts, credo de Reul. « Nous avons actuellement plus de 170 différents régimes nationaux de promotion des énergies renouvelables. C'était bien d'avoir un financement de démarrage des nouvelles technologies à l'époque, mais les énergies renouvelables sont devenues une technologie à grande échelle. Tous ces différents régimes de financement nationaux sont inutilement coûteux et faussent le marché unique », explique M. Reul, dans un communiqué. Pour le rapporteur, la commission de l'énergie a adopté une approche « raisonnable » pour le long terme. « Un objectif de 45% aurait signifié un doublement absurde de la part pour les renouvelables sur 10 ans. Le développement des renouvelables nécessite aussi des infrastructures coûteuses pour leur transport et leur stockage », souligne-t-il.
Message contradictoire pour les Verts. Malgré une nette amélioration, à leurs yeux, du rapport amendé au regard du projet de texte, les députés écologistes du groupe Verts/ALE ont finalement voté contre, en raison du non engagement de leurs pairs en faveur d'objectifs ambitieux pour l'après 2020. « Le Parlement envoie un message contradictoire sur la politique européenne en matière de renouvelables. S'il souligne la nécessité de préserver les régimes de soutien nationaux, comme les tarifs de rachat, qui ont fait leurs preuves dans l'essor des énergies vertes, la commission de l'énergie a délivré un message mitigé sur les objectifs à l'horizon 2030. Au vu du succès d'un objectif contraignant de 20% à l'horizon 2020, nous croyons que l'UE devrait adopter un objectif contraignant de 45% à l'horizon 2030. Nous espérons que le vote en plénière en avril corrigera cela », explique le Luxembourgeois Claude Turmes, dans un communiqué. (EH)