Bruxelles, 19/03/2013 (Agence Europe) - La commission spéciale chargée de la lutte contre le crime organisé et la corruption (CRIM) au PE a mis sur la table, lundi 18 mars, ses premières propositions, à l'occasion d'une nouvelle session, rapporte un communiqué de presse. Son rapporteur, l'Italien Salvatore Iacolino (PPE), chargé de porter ces propositions, suggère notamment que soit créée une fonction de procureur européen, chargé de protéger les intérêts financiers de l'UE, et d'introduire une définition européenne des crimes en lien avec la mafia, cette définition pouvant couvrir entre autres l'idée de groupes criminels business orientated et exerçant un pouvoir d'intimidation. Cette définition commune permettrait de mieux coordonner les efforts de lutte contre les mafias, une lutte entravée jusqu'à présent par des qualifications différentes d'un pays à l'autre, a expliqué le rapporteur.
En ce qui concerne le procureur européen, vieille antienne du PE par ailleurs, celui-ci serait chargé de lutter contre les « euro-crimes ». Il travaillerait avec les procureurs nationaux et en lien avec Europol, Eurojust ou l'OLAF. Toute personne/organisation en lien avec le crime organisé et condamnée pour blanchiment d'argent ou corruption devrait être exclue des appels d'offres de l'UE et leur condamnation immédiatement applicable partout dans l'UE, a insisté le rapporteur italien. M. Iacolino a également préconisé une législation spécifique visant à protéger les témoins et informateurs dans toute l'UE et à leur permettre de démarrer une nouvelle vie à l'abri des mafias.
Selon de nouvelles données publiées par Europol mardi 19 mars, il existerait 3 600 groupes de criminalité organisée dans l'UE. Le trafic de drogues reste l'activité la plus importante et la plus lucrative pour ces groupes. La Commission a, quant à elle, estimé à 120 milliards d'euros par an le coût de la corruption dans l'UE. (SP)