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Bulletin Quotidien Europe N° 10782
ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) irlande

Bon élève, Dublin devrait bientôt voler de ses propres ailes

Bruxelles, 08/02/2013 (Agence Europe) - L'Irlande est dans les clous pour se défaire du joug de ses créanciers internationaux, a pu conclure la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI), jeudi 7 février, à l'issue de son neuvième examen de la mise en œuvre du programme d'ajustement irlandais. Les conclusions de la 'troïka' ouvrent la voie au déblocage d'une tranche d'un milliard d'euro du FMI, d'1,6 milliard du FESF et de 500 millions de prêts bilatéraux des États.

Les discussions sont désormais appelées à se poursuivre au niveau technique et les deux parties ont commencé à aborder la manière de préparer au mieux une sortie réussie et durable du programme de financement fin de cette année. « Dans ce contexte, les étapes majeures qu'ont franchies les autorités irlandaises concernant les 'promissory notes' devraient booster davantage la confiance et favoriser une issue fructueuse », a considéré le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn.

Dublin a en effet annoncé le même jour être parvenue à un accord, qu'elle a qualifié d'historique, avec la BCE qui lui permettra de réduire ses besoins de financement de 20 milliards d'euros dans la prochaine décennie. L'Institut de Francfort a consenti à allonger la durée de remboursement des prêts accordés pour le sauvetage d'Anglo Irish Bank, les 'promissory notes', ainsi qu'à en réduire les taux d'intérêts, transformant de ce fait ces prêts en obligations d'une maturité d'une moyenne de 34 ans pouvant aller jusque 40 ans contre 7 à 8 ans jusqu'ici. Le conseil des gouverneurs de la BCE avait par ailleurs pris note jeudi de la décision des autorités irlandaises de liquider l'Irish Bank Resolution Corp (EUROPE n° 10781). Le Premier ministre Enda Kenny s'est félicité de cet arrangement qui, d'une part, devrait « sécuriser la situation financière future de l'État » et d'autre part réduire « le fardeau de la dette pour le contribuable irlandais ».

L'Irlande a par ailleurs reçu des bonnes notes de ses bailleurs de fonds pour sa mise en œuvre du programme d'ajustement. Selon la 'troïka', la croissance, soutenue par les exportations, devrait retrouver des couleurs cette année, avec une reprise de l'ordre de 1% en 2013 et de 2% en 2014. La demande intérieure reste par ailleurs faible, plombée notamment par un taux élevé de chômage. C'est pourquoi, le gouvernement doit en faire une priorité, en ayant recours notamment aux fonds de la BEI. Dublin a par ailleurs confortablement atteint ses objectifs de correction du déficit en 2012. Celui-ci devrait comme prévu retomber à 7,5% du PIB en 2013. Pour soutenir le récent regain de confiance des marchés, il est par ailleurs essentiel que l'Irlande ne relâche pas ses efforts. Les banques irlandaises, pour lesquelles Dublin a été contrainte de solliciter une aide, sont appelées à améliorer la qualité de leurs actifs. Des actions décisives sont également attendues du gouvernement afin d'assurer la capacité de prêts pour soutenir la reprise. Le prochain examen de la 'troïka' est prévu en avril. (EL)