Bruxelles, 08/02/2013 (Agence Europe) - Un délai supplémentaire sera nécessaire pour sceller un accord sur l'économie et le commerce (CETA) entre l'UE et le Canada, mais l'obstacle agricole se déverrouille.
La deuxième réunion bilatérale entre le commissaire Karel De Gucht et son homologue canadien Ed Fast les 6 et 7 février à Ottawa n'a pas permis de définitivement boucler les négociations pour un accord de libre-échange UE/Canada, lancées en 2009 et dans leur dernière phase à l'automne 2012. Mais Bruxelles et Ottawa touchent au but. « Il y a encore un certain nombre de lacunes importantes à combler avant qu'un accord soit atteint. Les discussions vont maintenant se poursuivre entre négociateurs en chef. La qualité et le contenu des négociations continuent à primer sur le calendrier », a commenté à son retour du Canada le porte-parole de M. De Gucht, John Clancy, vendredi 8 février. Promis pour la fin 2012, l'accord avait été reporté en ce début d'année, faute d'un compromis sur les chapitres les plus difficiles: les contingents tarifaires pour les produits agricoles sensibles, les brevets pharmaceutiques et les indications géographiques, l'accès aux marchés publics et aux ressources, l'investissement, les services et le paquet automobile (tarifs et règles d'origine).
Les arbitrages politiques auxquels ont procédé MM. De Gucht et Fast ce jeudi, et auxquels s'était joint le commissaire à l'Agriculture, Dacian Ciolos, ont en particulier permis de surmonter en partie l'écueil agricole. « Nous sommes maintenant dans une zone plus réaliste sans toutefois y être », a assuré M. Clancy vendredi. Le dossier agricole s'est heurté jusqu'ici à des divergences importantes sur l'accès au marché, le Canada présentant une demande ambitieuse sur les contingents tarifaires pour ses exportations de bœuf et de porc, et l'UE souhaitant une ample ouverture du marché canadien pour ses produits laitiers, ses fromages en particulier. L'UE veut aussi la protection des indications géographiques pour ses produits agroalimentaires.
Outre le dossier agricole, d'autres questions importantes restent sur la table dont, entre autres, les produits pharmaceutiques et les dispositions relatives aux marchés publics, plus précisément les transports publics urbains, selon une source communautaire.
Le CETA vise à accroître de 20% un commerce bilatéral qui a atteint plus de 52,5 milliards d'euros pour les marchandises en 2011 et plus de 20 milliards d'euros pour les services en 2010, et à stimuler les flux d'investissements déjà importants entre les deux partenaires. Les stocks d'investissement de l'UE au Canada ont atteint 197,4 milliards d'euros en 2010, ceux du Canada dans l'UE 143,1 milliards d'euros. (EH)