Bruxelles, 08/02/2013 (Agence Europe) - L'UE affiche au plus haut niveau sa volonté politique de négocier un accord de libre-échange avec son premier partenaire commercial.
Tandis que les travaux préparatoires au lancement de négociations de libre-échange entre l'UE et les États-Unis touchent au but, au lendemain de la visite cette semaine à Washington du commissaire Karel De Gucht (EUROPE n° 10781), le Conseil européen des 7 et 8 février à Bruxelles a affirmé l'ambition et la volonté des Vingt-sept de négocier un accord global « qui accorde une attention particulière aux moyens d'atteindre une plus grande convergence réglementaire ». La Commission et le Conseil sont appelés à « donner suite sans délai, sous [Présidence irlandaise] », aux recommandations du groupe de travail transatlantique chargé des travaux préparatoires, qui devraient être rendues publiques dans un délai bref. Avec ce signal fort donné par l'Europe au plus haut niveau, la balle est désormais dans le camp du président américain Barack Obama, dont on attend qu'il approuve l'initiative mardi prochain, lors de son discours annuel sur l'état de l'Union.
Cap maintenu sur le bilatéral. De manière générale, le Conseil européen réaffirme l'engagement de l'UE en faveur du libre-échange, et d'une ouverture réciproque des marchés. Avec, en ligne de mire, un accord avec le Canada, et des négociations avec le Japon (leur lancement est escompté lors du prochain sommet bilatéral, dans le prolongement de l'adoption du mandat de négociation fin 2012), l'UE garde le cap sur les accords de libre-échange bilatéraux. Les Vingt-sept plaident aussi pour le « renforcement » des relations commerciales avec d'autres partenaires du bloc ASEAN, dans la foulée du récent accord avec Singapour, et pour la négociation à court terme d'un accord sur l'investissement et d'un dialogue constructif sur l'accès au marché, les marchés publics et les droits de propriété intellectuelle avec la Chine. Si des « efforts supplémentaires » sont requis dans les négociations avec l'Inde, au ralenti depuis l'été 2012, l'engagement de l'UE et du Mercosur d'échanger leurs offres sur l'accès au marché d'ici l'automne est salué, et l'ouverture de négociations avec le Maroc approuvée.
L'UE ne délaisse toutefois pas le multilatéral puisque, malgré l'impasse des négociations de Doha à l'OMC depuis 2008, elle reste « engagée » en faveur d'un accord global. Des progrès sont en particulier espérés sur le volet facilitation du commerce, lors de la conférence ministérielle de l'OMC en décembre à Bali. (EH)