login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10779
Sommaire Publication complète Par article 22 / 33
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) mali

Stabilisation et dialogue politique, deux priorités pour gagner la paix

Bruxelles, 05/02/2013 (Agence Europe) - Stabilisation liée à la mise en œuvre de la feuille de route adoptée par les autorités maliennes et saluée par tous, respect des droits de l'homme, transformation future de la MISMA (mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine) en une opération de la paix sous l'égide des Nations unies, ce sont là les lignes de force qui se sont dégagées de la réunion ministérielle du groupe de soutien et de suivi de la situation au Mali accueillie mardi 5 février à Bruxelles par l'Union européenne (EUROPE n° 10778). Catherine Ashton, la Haute représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité de l'UE, était l'hôte de cette réunion internationale à laquelle aucun pays européen n'avait dépêché son ministre des Affaires étrangères. Pour tous les participants, la reconquête de l'intégralité du territoire malien et le dialogue politique devant déboucher sur des élections le 31 juillet prochain sont l'urgence, et si le passage de la MISMA à l'ONU n'est pas pour tout de suite et nécessitera une résolution du Conseil de sécurité, sa perspective a fait l'objet d'un consensus. Tous ont remercié la France pour son intervention militaire.

« Nous avons voulu ouvrir la voie à l'avenir. Toute démocratie doit se défendre. Nous condamnons les atrocités commises au Nord Mali, et la communauté internationale doit reconnaître ses responsabilités pour protéger les populations. Nous tenons nos engagements de la fin janvier », a déclaré Catherine Ashton en rappelant que l'UE participera à la formation de la MISMA et est prête à mobiliser au total plus de 300 millions d'euros pour les prochaines années « pour soutenir la population malienne, la paix et la sécurité » (50 millions pour la MISMA et 250 millions d'aide au développement mobilisables pour le Mali).

Évoquant « une menace globale, des enjeux sécuritaires et de défense qui concernent tous les pays civilisés », Thieman Coulibaly, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Mali s'est réjoui que cette réunion ait mobilisé « tous ceux qui sont intéressés par la crise malienne, c'est-à-dire essentiellement, le monde entier » pour « réfléchir à comment procéder pour tout ce qui concerne les phases de stabilisation et de reconstruction ». Il s'est dit ouvert à un grand dialogue national qui inclura tous les représentants de la communauté nationale pour peu qu'ils reconnaissent l'unité nationale, l'intégrité territoriale, la laïcité de la République et qu'ils renoncent aux armes, en vue des élections du 31 juillet.

Le ministre malien a assuré que les autorités travaillent pour que cette date soit respectée, tout comme devront être respectées les trois conditions requises à savoir « la cohésion, la stabilité et l'unité nationale ». Favorable à ce que la MISMA passe à l'ONU, il a insisté sur la nécessité de « définir le mandat et l'agenda ».

« On souhaite renforcer le dialogue politique avec l'ensemble des acteurs: l'UA, l'UE et, au premier rang, le ministre des Affaires étrangères du Mali de façon à ce qu'on engage sur la bonne voie, le processus politique et le processus de développement, parce que, maintenant, à côté de l'intervention militaire, ce qu'il nous faut, c'est gagner la paix, et gagner la paix, cela passe par la mobilisation de la communauté internationale autour du Mali. Gagner la paix, c'est d'abord la responsabilité des Maliens, mais nous pensons que la communauté internationale peut jouer un rôle positif pour accompagner les autorités maliennes dans le processus pour gagner la paix à côté de l'intervention militaire en cours », a déclaré à la presse Pascal Canfin, ministre français délégué aux Affaires étrangères, chargé du Développement.

S'agissant de la transformation de la MISMA en mission de paix, c'est « du moyen terme » car «la guerre n'est pas terminée et l'action militaire continue tant que la totalité du territoire n'est pas reprise ». Selon lui, « Il faut d'abord que la MISMA se déploie sur l'ensemble du territoire pour que la France puisse progressivement se retirer car nous n'avons pas vocation à rester durablement au Mali ». Et d'ajouter: « À court terme, l'enjeu principal, c'est le déploiement. Ensuite, il faudra se mettre d'accord sur le mandat et les modalités d'une opération de maintien de la paix». Cette idée a « le soutien de l'UE, des États-Unis et de la CEDEAO qui sont d'accord pour aller progressivement vers une opération de maintien de la paix ».

Dans le droit fil du message délivré par le président français François Hollande au président malien Traoré à Bamako le 2 février, « nous sommes extrêmement attentifs à ce que les droits humains soient respectés, qu'il n'y ait pas d'exaction, qu'il n'y ait pas de vengeance parce que cela pourrait compromettre la stabilité dans la durée, la mise en œuvre du processus politique. Donc nous sommes extrêmement vigilants ». Le ministre a affirmé que l'opération Serval n'avait pas entraîné, pour l'heure, de flux massif de réfugiés. Par contre, nous sommes extrêmement attentifs avec l'UE, à faire en sorte que la situation humanitaire reste sous contrôle.

Kadré Désiré Ouedraogo, président de la Commission de la CEDEAO, a salué une réunion fructueuse et exprimé sa gratitude à l'appui de l'UE dans la gestion de la crise au Mali. « Maintenant que la situation est stabilisée, la phase de libération du territoire touche à sa fin, nous pouvons envisager une sortie politique de crise. Nous sommes tous d'accord pour appuyer le Mali », a-t-il indiqué.

Pour Ally Coulibaly, ministre ivoirien de l'Intégration et des Ivoiriens de l'extérieur, après le retrait des forces françaises, « la MISMA va être transformée en force onusienne. Les forces maliennes et les forces de la CEDEAO sont en train de se déployer. » (AN)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
POLITIQUES SECTORIELLES
SOCIAL
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ACTION EXTÉRIEURE