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Bulletin Quotidien Europe N° 10779
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) pÊche

L'Islande réduit son quota de maquereau de 15% mais agace l'UE

Bruxelles, 05/02/2013 (Agence Europe) - Nouvel épisode dans la guerre du maquereau qui oppose l'UE et la Norvège d'un côté, à l'Islande et aux Iles Féroé de l'autre: Rejkyavik a annoncé le 2 février avoir décidé de réduire de 15% en 2013, à 123 182 tonnes, son quota de maquereau (145 227 tonnes en 2012). Mais l'Islande se dit prête à négocier un accord avec les autres parties (UE, Norvège, îles Féroé).

« La Commission européenne regrette que l'Islande se soit allouée un quota de maquereau une fois encore de manière unilatérale, sans consultation avec ses partenaires », a immédiatement réagi Oliver Drewes, porte-parole de la commissaire Maria Damanaki. L'UE reproche à l'Islande de s'octroyer un quota trop élevé, malgré la diminution prévue. La Commission estime que « malgré la réduction annoncée, le quota islandais reste excessivement élevé ». Cela représente 23% du quota total recommandé pour le stock de maquereau de l'Atlantique Nord-Est, contre zéro il y a quelques années encore. Les pêcheries islandaises de maquereaux sont donc toujours « non durables et ignorent tant la santé des stocks de maquereaux que les intérêts légitimes des autres États côtiers », ajoute la Commission, qui compare la réduction de 89 000 tonnes décidée conjointement par l'UE et la Norvège aux 25 000 tonnes de réduction islandaise. Mme Damanaki « reste engagée à trouver une solution multilatérale et négociée au conflit ».

Respect des avis scientifiques

Le ministre islandais de l'Industrie et de l'Innovation, Steingrímur J. Sigfússon, indique que cette réduction de 15% du quota islandais de maquereau est conforme à l'engagement de l'Islande de respecter la durabilité à long terme du stock de maquereau et que son gouvernement est prêt à de nouvelles réductions si les autres pays concernés démontrent leur volonté de faire de même. Ce qui prouve, dit-il, sa volonté de reprendre les négociations. Le ministre précise encore qu'il s'agit de la seconde réduction de quota consécutive, puisque le quota de 2012 avait déjà été réduit par rapport à celui de 2011 (145 227 tonnes contre 154 825 tonnes) et que la décision de 2013 est conforme aux recommandations du Conseil international pour l'exploration des mers (CIEM). Steingrímur J. Sigfússon réaffirme la volonté de l'Islande d'aboutir à une résolution diplomatique du litige. Rejkyavik, dit-il, a, à plusieurs reprises, proposé que les États côtiers (Islande, UE, Norvège et les îles Féroé) réduisent de manière collective les quotas de 15% en 2013, et poursuivent des réductions « significatives » les années suivantes. Bien que ces propositions n'aient pas été acceptées, l'Islande espère reprendre bientôt les négociations avec les États côtiers: « Nous devons travailler en tant que partenaires pour protéger le stock de maquereau, et l'Islande est disposée à faire ce pas important en vue d'aboutir à un accord raisonnable », a-t-il ajouté. Le ministre islandais précise encore que cette réduction de quotas intervient alors que le stock de maquereau a fortement augmenté dans les eaux islandaises. Selon des études scientifiques internationales, il y avait 1,1 million de tonnes de maquereau dans la zone économique exclusive (ZEE) islandaise en 2010 et 2011 et 1,5 million de tonnes en 2012, soit 20 à 30% de la population totale de maquereau de l'Atlantique Nord-Est. « Nous avons besoin de plus d'analyses scientifiques concernant la population de maquereau après la migration de ce stock vers les eaux islandaises. Nous sommes déçus que l'UE et la Norvège s'allouent à nouveau 90% du volume de pêche recommandé par le CIEM: c'est disproportionné compte tenu des changements générés par la migration des stocks », explique l'Islande. « Nous devons utiliser la science pour garantir que chaque État côtier, y compris l'Islande, reçoive une part équitable des prises, comme il en a, légalement, le droit », insiste M. Sigfússon.

Le 17 janvier dernier, l'UE et la Norvège avaient fixé leur TAC 2013 à 336 285 tonnes, contre
396 468 tonnes en 2012 (-15,2%). Le CIEM a recommandé en septembre 2012 de réduire de l'ordre de 42 à 47 % les prises de maquereaux dans l'Atlantique Nord-Est et la mer du Nord en 2013 par rapport à 2012, préconisant de ramener les TAC entre 497 000 et 542 000 tonnes en 2013, contre 639 000 tonnes en 2012. Les îles Féroé n'ont pas encore annoncé le quota qu'ils comptent s'octroyer. (LC)

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