Bruxelles, 05/02/2013 (Agence Europe) - À deux jours du second round de discussions sur le cadre financier (CFP) 2014-2020, un rapport de Roland Berger Strategy Consultants (RBSC) met en garde contre une réduction des fonds au titre de la politique de cohésion à destination de la Grèce. « Une enveloppe inchangée réduirait le risque d'un défaut (de paiement) de la Grèce » et augmenterait les chances de succès du programme d'ajustement structurel, souligne ce rapport.
Selon le Premier ministre grec, Antonis Samaras, la proposition initiale fixait l'enveloppe attribuée à son pays à 11,2 milliards d'euros et la proposition de compromis du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, à environ 14 milliards. Même dans le meilleur des scénarios, une diminution significative par rapport aux 20,4 milliards dispensés pour la période 2007-2013 se profile donc à l'horizon pour Athènes.
Selon RBSC, une diminution des fonds de cohésion pour la Grèce diminuerait la création d'emploi de 64 000 unités. Sans croissance suffisante, la Grèce pourrait échouer à ramener sa dette sur une trajectoire viable et à rembourser ses prêts à temps, prévient l'organisation, alors que, selon elle, une enveloppe de
20,4 milliards permettrait de réduire la dette grecque de 3,8 à 5,2 points de pourcentage d'ici à 2020.
RBSC critique par ailleurs la méthodologie, basée sur les performances économiques d'un État sur la période 2007-2009, qui est utilisée pour calculer les fonds de cohésion à attribuer. La récession qui sévit en Grèce depuis 2010 n'est donc pas prise en compte. Cet argument avait déjà été mis en avant par M. Samaras, lors du Sommet européen de novembre consacré au CFP (EUROPE n° 10737). « Nous espérons que (notre enveloppe) sera plus importante aux termes des négociations » que la proposition initiale, « mais rien n'est clos » avait-il alors déclaré. Les syndicats européens entendent également peser de tout leur poids pour défendre le maintien des fonds structurels destinés à cofinancer les politiques sociales. (EL)