Bruxelles, 05/02/2013 (Agence Europe) - Geste d'ouverture avant le possible lancement de négociations sur un accord de libre-échange transatlantique: la Commission européenne a autorisé lundi 5 février l'utilisation d'acide lactique pour réduire la contamination microbiologique des carcasses de bovins. Cette décision va ouvrir le marché européen à la viande en provenance des États-Unis traitée de cette façon. La mesure entrera en vigueur le 25 février et s'appliquera tant au sein de l'Union européenne qu'à la viande de bœuf importée.
La question du traitement des carcasses bovines à l'acide lactique était un sujet de contentieux entre les États-Unis et l'UE, qui interdisait l'importation de la viande traitée de cette façon.
Cette pratique « contribuera à réduire la contamination par les plus importants pathogènes qui sont fréquemment à l'origine des intoxications alimentaires comme l'E.coli (VTEC) et la salmonelle », a indiqué la Commission dans un communiqué. La possibilité d'utiliser de l'acide lactique ne doit en aucune façon être considérée comme une substitution à des pratiques d'abattage correctes et hygiéniques et à des modes opératoires appropriés, prévient la Commission.
Les ministres de l'Agriculture n'étaient pas parvenus, le 29 novembre dernier, à dégager une majorité qualifiée sur cette question - la France, notamment, avait voté contre. La décision finale est donc revenue à la Commission européenne. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) avait émis un avis favorable en juillet 2011.
Les États-Unis demandent depuis 2011 de pouvoir exporter de la viande traitée à l'acide lactique. Les opposants à une telle pratique mettent en avant, eux, le risque que ces bactéries ne mutent encore plus vite pour mieux résister à ce traitement, comme c'est déjà le cas outre-Atlantique. De plus, en autorisant une telle pratique, les abattoirs risquent de relâcher leur vigilance sur l'hygiène.
Parallèlement, la Commission a autorisé l'importation de porcs vivants en provenance des États-Unis à partir du 25 février (EUROPE n° 10778). Ces deux décisions interviennent alors que l'Union européenne s'apprête à entamer des négociations avec Washington sur un accord de libre-échange. (LC)