Bruxelles, 05/02/2013 (Agence Europe) - La recommandation de la Commission européenne pour la mise en place d'une 'garantie jeune' fera-t-elle l'unanimité au Conseil ? La réponse à cette question devrait être apportée vendredi 7 février à l'issue de la réunion informelle, qui se déroulera à Dublin, des ministres européens du Travail et des Affaires sociales. La Présidence irlandaise ne cache pas son ambition, il s'agit d'avoir une discussion pour permettre l'adoption de la recommandation dès la fin du mois, lors du Conseil formel à Bruxelles.
Présentée au début du mois de décembre 2012 (EUROPE nº 10745), la proposition de la Commission a encore été soutenue récemment par le Comité des régions. En sera-t-il de même au Conseil ? Oui, à en croire un aperçu des pratiques déjà existantes en Europe. Un mécanisme de 'garantie jeune' existe ainsi déjà en Suède, au Royaume-Uni, en Roumanie et dans les deux pays qui ont servi de modèle à la Commission, à savoir l'Autriche et la Finlande. Les gouvernements grec, bulgare et français ont récemment annoncé de nouvelles mesures qui se rapprochent nettement d'un tel mécanisme.
Si un accord de principe devrait être facilement dégagé, le diable peut se cacher dans les détails. La position de deux parlements nationaux, celui de Chypre et celui de la Lituanie, donne une indication quant à la possibilité que les États membres puissent se diviser sur la flexibilité de cette mesure et sur l'échéancier de sa mise en place. Pour le parlement chypriote, la recommandation de la Commission est trop rigide et ne prend pas suffisamment en compte les particularités nationales, surtout « en temps d'austérité » budgétaire. D'une manière similaire, un rapport du parlement lituanien prévient « que l'exécution intégrale de l'initiative 'Garantie jeune' en 2013 peut être difficile étant donné qu'il faut développer des mesures supplémentaires et planifier les ressources nécessaires pour les mettre en œuvre ».
Dans ces deux cas, c'est la difficulté du financement qui semble justifier les craintes et les réticences. De l'aveu même du commissaire Laszlo Andor (Emploi, Affaires sociales et Inclusion), cette mesure a un coût financier important (EUROPE nº 10769). Celui-ci devrait être supporté en partie par un financement européen, à travers le Fonds social européen. Or, il n'est pas sûr que les fonds soient finalement disponibles, ou du moins à hauteur de ce qu'espèrent certains États. Cette incertitude ne sera pas dissipée lors de la réunion informelle à Dublin. Elle le sera peut-être le même jour, mais à 900 km plus au sud, à l'occasion du Sommet européen consacré au cadre financier pluriannuel (2014-2020) et qui doit se clôturer vendredi 8 février. (JK)