Bruxelles, 12/12/2012 (Agence Europe) - L'issue de l'opération de rachat de dette bouclée mardi midi 11 décembre par la Grèce semble avoir recueilli tous les éloges de ses partenaires de la zone euro. Les Dix-sept se sont en effet entretenus mardi soir pour discuter de ces résultats, dont le succès conditionne la reprise des versements UE-FMI.
L'agence de gestion de la dette grecque (PDMA) a annoncé mercredi 12 décembre que le pays s'était vu offrir pas moins de 31,9 milliards d'euros d'obligations au rachat par les créanciers privés. Ceux-ci acceptent de ce fait une large décote sur la valeur des titres qu'ils détiennent, mais un petit peu moins importante que prévu.
La PDMA a en effet indiqué que le prix payé en moyenne pour les obligations rachetées se situaient à 33,8% de leur valeur faciale. Athènes avait prévu d'allouer à l'opération dix milliards d'euros du Fonds européen de stabilité, mais compte tenu des résultats, la PDMA a annoncé qu'elle allait avoir besoin d'un financement supplémentaire de 1,29 milliard d'euros.
L'opération dite 'de buyback' visait à alléger l'endettement hellénique de 20 milliards d'euros, soit 11% du PIB, afin de parvenir à un ratio dette/PIB de 124% en 2020. Cependant, d'après Reuters, qui cite une source officielle de la zone euro, les résultats obtenus par l'opération de 'buyback' ne permettraient de réduire ce ratio que de 9,5 points de pourcentage, générant un trou d'environ 450 millions d'euros pour atteindre l'objectif fixé par l'Eurogroupe. Toujours selon Reuters, ce trou pourrait être comblé par le rachat de titres détenus par les investisseurs privés qui ont refusé de participer à la restructuration de la dette grecque au printemps dernier, lors de laquelle 107 milliards d'euros de créances avaient été effacés.
Malgré les rumeurs de trou apparent, le ministre français Pierre Moscovici a estimé mercredi que les parties étaient « dans les rails et dans les clous de ce que nous avions prévu ». La directrice générale du FMI Christine Lagarde s'est réjouie des résultats de l'opération. Les ministres irlandais et finlandais ont quant à eux assuré à leur arrivée au Conseil Ecofin mercredi qu'il y avait de fortes chances que les Dix-sept parviennent à un accord sur le versement de la prochaine tranche d'aide qu'Athènes attend depuis l'été dernier. Même son de cloche du côté de la Commission européenne, qui a dit mercredi s'attendre à ce que les Dix-sept s'en tiennent au calendrier initial.
Lors de l'Eurogroupe de ce 13 décembre, les ministres devraient également examiner le rapport des besoins en recapitalisation du secteur bancaire chypriote, mené par Pimco. Les Dix-sept ne devraient toutefois pas décider des termes de l'assistance financière qui sera apportée à l'île avant janvier 2013. (EL)