Strasbourg, 12/12/2012 (Agence Europe) - Viviane Reding coupe l'herbe sous le pied aux détracteurs des quotas de femmes dans les conseils d'entreprise qui prétendent qu'il n'y a pas assez de femmes qualifiées pour remplir les postes. La commissaire européenne aux Droits fondamentaux a présenté mercredi 12 décembre la « base de données mondiale des femmes prêtes à entrer dans les conseils d'administration (CA) », qui regroupe déjà 8000 profils adéquats. Il s'agit d'une initiative internationale, dévoilée mercredi ; mise sur pied par la Commission européenne, les écoles européennes de commerce et de gestion, et le club des directeurs non exécutifs du Financial Times (qui administrera la base de données, via la plateforme LinkedIn).
Cet automne, Mme Reding a présenté une proposition de directive controversée en vue de l'introduction d'un quota de 40% de femmes pour les postes non exécutifs des CA des grosses entreprises européennes cotées en bourse en 2020, accompagnée de sanctions. Un argument récurrent des détracteurs de cette proposition serait le nombre insuffisant de profils féminins pour accéder à ces postes. « Les écoles européennes d'affaires ont voulu remettre en cause ces questions de limites, la base de donnée internationale de femmes prêtes à entrer dans les CA montre que les femmes qualifiées sont bien là, il y en a 8000 et ce n'est qu'un début », explique la commissaire. Á ses yeux, « l'initiative tombe à point nommé pour éliminer cet argument, cela montre que les femmes sont disponibles, et que s'en passer dans les CA est une perte de talents que l'UE ne peut se permettre. Si on veut mettre en pratique ma proposition, nous avons besoin que les femmes soient là, et cela aide si on a cette base de données prête ». Ces femmes sont sélectionnées sur des critères stricts, et sont toutes qualifiées pour siéger, a ajouté la commissaire. Ces critères ont été établis par les écoles européennes de commerce et de gestion. « Mais il faut savoir qu'il ne s'agit pas d'une sorte de banque de données à qui tout le monde a accès, elle est professionnellement accessible aux entreprises, aux chasseurs de tête, car elle garantit la protection des données », précise-t-elle.
Très petite minorité mécontente. Sa proposition législative met l'accent sur la qualification et le mérite des candidates. « Ce sera possible grâce à la législation européenne mais aussi à la banque de données, car la qualité est mise sur le devant de la scène », souligne Mme Reding. La procédure législative à propos des quotas a débuté, et les Vingt-sept ont procédé à un premier échange lors du Conseil EPSCO du 7 décembre, en présence de Mme Reding. Celle-ci affirme que « bien qu'il y a ait une très petite minorité d'États membres qui ne sont pas très contents, une majorité d'États membres pensent que c'est une voie intéressante, positive, constructive ». (MD)