Bruxelles, 27/11/2012 (Agence Europe) - En visite à Bruxelles, le ministre des Affaires étrangères de l'ex-République yougoslave de Macédoine (ARYM), Nikola Poposki, a plaidé, le 27 novembre, pour l'approbation par le Conseil européen de l'ouverture des négociations d'adhésion, soulignant que c'est une « nécessité ». « Nous sommes candidats depuis sept ans (…). Nous sommes à un stade où c'est une nécessité (…). Nous remplissons les conditions pour lancer les négociations », a souligné le ministre lors de son intervention devant les députés européens de la commission des affaires étrangères. Selon lui, l'ouverture des négociations permettra de faire des réformes plus dynamiques et percutantes et est importante pour le développement socio-économique du pays. « Au niveau des Balkans, nous devons apporter des résultats au niveau des réformes et l'UE (…) doit permettre d'adhérer à ceux qui ont montré un certain mérite. Il faut préserver la crédibilité de la politique d'élargissement, rapprocher notre région de l'UE », a souligné M. Poposki.
L'ouverture des négociations, recommandée en octobre pour la quatrième fois par la Commission européenne, est bloquée par la Grèce en raison d'un différend sur le nom de l'ARYM. Le pays a également des différends, liés à l'histoire, avec la Bulgarie (EUROPE n° 10723). Selon le ministre, le temps est venu de se « concentrer sur une décision stratégique dans le dossier de l'élargissement ». « Les entraves ne génèrent pas un bon environnement, elles ne sont pas propices à une solution. Au contraire, faciliter l'intégration euro-atlantique améliore les choses. Souvent les négociations en matière d'adhésion ont permis de régler les choses », a-t-il expliqué, ajoutant que régler la question du nom dans le cadre des Nations unies « peut se faire en parallèle » des négociations, ce qu'a proposé la Commission (EUROPE n° 10707). Il a aussi précisé que le processus d'élargissement ne doit pas être mélangé à d'autres sujets.
M. Poposki a longuement énuméré les avancées de son pays, depuis les dernières recommandations du Conseil, concernant le système judiciaire, la liberté d'expression, la lutte contre la corruption et le crime organisé, la représentation des minorités, les réformes de l'administration publique et électorale ou encore le renforcement de l'économie de marché.
Saluant le dialogue à haut niveau mis en place avec la Commission européenne en attendant l'ouverture des négociations, le ministre a rappelé que cet instrument « utile (…) ne peut se substituer au processus réel dont un pays candidat a besoin ». « Nous continuerons à travailler d'arrache-pied. Le gouvernement macédonien a adopté un plan pour lancer les négociations, nous nous concentrons sur un certain nombre de domaines pour essayer de gagner du temps par rapport aux exigences qui seront imposées dans les négociations », a précisé M. Poposki.
Le Conseil européen doit se prononcer sur les questions d'élargissement lors de son Sommet des 13 et 14 décembre. (CG)