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Bulletin Quotidien Europe N° 10739
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) social

Les personnes handicapées, premières victimes de l'austérité ?

Bruxelles, 27/11/2012 (Agence Europe) - À côté des jeunes de 15-25 ans, un autre groupe de la population active au sein de l'UE est particulièrement frappé par la crise financière et économique et les mesures d'austérité budgétaire: les personnes handicapées. Parmi ces personnes, qui sont quelque 80 millions en Europe, une sur cinq risque aujourd'hui d'atteindre le seuil de pauvreté et ce risque n'a cessé de croître depuis 2008, parfois de manière dramatique, comme en Irlande (+26,16 %), au Danemark (+21,27 %) ou en Lituanie (+21,01%). Aujourd'hui, nulle autre catégorie de personnes n'a autant de chance de finir pauvre.

Une étude unique publiée en novembre par l'European Foundation Centre (EFC) permet d'avoir un large aperçu des différentes conséquences sur cette catégorie de personnes des mesures prises par les gouvernements qui tentent de trouver un juste équilibre dans leurs dépenses publiques. Au cours d'une conférence qui s'est déroulée lundi 27 novembre à Bruxelles, le commissaire Laszlo Andor (emploi, affaires sociales et inclusion) y a fait référence en soulignant que c'est un défi que la Commission tentera de relever en présentant au début de l'année 2013 un paquet sur l'investissement social. Cette étude d'EFC met en lumière « l'importance de la mise en œuvre correcte et adaptée des stratégies d'inclusion active », à l'heure où « les inégalités croissent et la pauvreté et l'exclusion s'aggravent, ce qui risque de nuire à la cohésion sociale et à notre prospérité future », a-t-il dit.

Alors que M. Andor a déploré que peu d'États membres aient mis en place des stratégies intégrées d'inclusion sociale, l'étude d'EFC montre quant à elle que les services existants destinés aux personnes handicapées, dont certains ont été cofinancés par le Fonds social européen, sont aujourd'hui menacés, soit par des coupes budgétaires, soit par des privatisations ou des fermetures. Les facteurs qui contribuent à l'accentuation du risque de pauvreté des personnes avec un handicap sont ainsi nombreux et divers. Les aides et subventions directes sont diminuées, parfois jusqu'à 30 %. Les aides indirectes, c'est-à-dire celles destinées à des organisations non gouvernementales ou des entreprises qui embauchent prioritairement ces personnes, sont également concernées. Cela s'accompagne d'une diminution des effectifs dans les services sociaux et d'un moindre soutien pour la scolarité des enfants handicapés. Si cette étude se concentre particulièrement sur six États, il en ressort que les pays sous assistance financière - Grèce, Irlande et Portugal - sont des cas exemplaires qui illustrent « comment la réduction des dépenses de santé et dans les services sociaux dans certains États membres se traduit par une augmentation disproportionnée du nombre de personnes handicapées qui perdent leur emploi, le soutien au revenu et l'accès aux services de base ». (JK)

 

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