Bruxelles, 27/11/2012 (Agence Europe) - Le Conseil des ministres a adopté le 27 novembre des conclusions sur la participation et l'inclusion sociale des jeunes, en particulier des jeunes issus de l'immigration. En 2011, plus de la moitié des personnes immigrées dans l'Union européenne était âgée entre 20 et 34 ans. Une réalité encore renforcée depuis la fin 2010 avec l'arrivée de jeunes migrants en provenance du sud de la Méditerranée, suite aux bouleversements politiques survenus dans la région. Alors que les jeunes en général pâtissent les premiers des effets de la crise économique, les jeunes immigrés et en particulier les jeunes filles constituent le groupe le plus défavorisé, que ce soit en termes d'accès à l'éducation, au marché du travail, et ce malgré les liens déjà tissés avec leur pays de résidence. Les conclusions adoptées soulignent que l'apprentissage non formel et informel a un rôle clé à jouer en tant qu'instrument de soutien de l'inclusion sociale et économique des jeunes les moins favorisés, notamment ceux issus de l'immigration. Dans ce contexte, le travail qu'accomplissent auprès des jeunes migrants les animateurs de jeunesse et les organisations de jeunesse revêt une importance particulière, souligne le Conseil.
La Présidence chypriote a lancé, suite à l'adoption du texte, un débat sur le thème de la mobilité et de la diversité chez les jeunes sous la présidence du ministre chypriote de l'Éducation et de la Culture, George Dimosthenous. « La mobilité des jeunes ne doit pas être considérée comme acquise. La crise et les difficultés liées au financement d'Erasmus en sont la preuve », a prévenu la commisssaire responsable de la jeunesse, Androulla Vassiliou. « L'immigration apporte la diversité dans l'Union européenne.C'est un défi mais cela apporte aussi des avantages, de nouvelles idées, de nouvelles perspectives et de nouveaux élans », a ajouté la commissaire. « Il faut parvenir à l'acceptation d'une diversité chez les jeunes qui soit source de richesse, avec comme base la compréhension et le respect mutuels ; afin de construire en Europe une société plus harmonieuse, sans exclusion », a ajouté M. Dimosthenous.
La situation économique particulièrement difficile dans certains États membres pousse les jeunes à chercher un emploi dans un autre pays de l'UE. L'intégration de ces jeunes issus d'un autre État membre, ainsi que celle des jeunes issus de l'immigration constituent un défi pour les pays d'accueil. Ceux-ci doivent développer de manière urgente des politiques favorisant l'inclusion sociale de tous les jeunes, sur base d'une compréhension et d'un respect mutuel. Il s'agit d'un processus à double sens: d'une part l'inclusion sociale doit offrir aux jeunes les possibilités et les ressources nécessaires pour qu'ils participent pleinement à la vie économique, sociale et culturelle, et, d'autre part, elle implique que les jeunes jouent un rôle actif dans la société dans laquelle ils vivent, en commençant par leur communauté locale. Au cours des débats, les États membres ont tous souligné la nécessité d'offrir aux jeunes issus d'un autre État membre et aux jeunes immigrés un cadre éducatif adapté, avec comme premier objectif l'apprentissage de la langue du pays d'accueil, élément primordial d'une intégration réussie. Afin de créer l'encadrement nécessaire, une coopération étroite aux niveaux régional et local est essentielle, qui inclut les acteurs sur le terrain, comme les éducateurs et animateurs de centres de jeunesse. Par ailleurs, l'éducation informelle délivrée par ces organisations de jeunesse est primordiale et doit être reconnue davantage par les États membres afin de permettre aux jeunes étrangers de faire valoir ces connaissances acquises sur le terrain. (IL)