Bruxelles, 27/11/2012 (Agence Europe) - La responsabilité du transport dans la pollution a été passée au crible par les eurodéputés membres de la commission parlementaire chargée du transport et du tourisme. Ils ont écouté la présentation du rapport 2012 intitulé « Mécanisme de rapport sur l'environnement et le transport » (TERM) de l'Agence européenne pour l'environnement, par sa directrice Jacqueline McGlade.
Amélioration insuffisante. Celle-ci a insisté une fois encore sur l'impact du transport sur la qualité de l'air. Bien que cette dernière se soit améliorée lors des deux dernières décennies, certaines régions sont toujours très affectées par une mauvaise qualité de l'air. Le secteur du transport, en tenant compte du maritime et de l'aviation, émet toujours un quart des gaz à effet de serre, et ceux-ci dépassent toujours de 26 % les niveaux de 1990. Elle admet qu'en 2010, il y eu une amélioration due au ralentissement économique, mais qu'il y a eu un rebond en 2012. Le transport de marchandises est le plus grand responsable de l'impact environnemental.
Émissions et bruit. Mme McGlade attire particulièrement l'attention sur les émissions de dioxyde de soufre (dues aux navires), de dioxyde d'azote, et les particules fines PM10 qui ont toutes des effets particulièrement néfastes pour la santé. Elle regrette d'ailleurs que l'introduction des normes européennes pour les véhicules n'ait pas eu de conséquences significatives sur la réduction des émissions de dioxyde d'azote, malgré leur intérêt pour l'amélioration générale de la qualité de l'air. Le niveau de concentration de ces émissions est d'autant plus préoccupant dans les villes, dépassant de loin les niveaux autorisés par les législations européennes (+44 % pour le dioxyde d'azote, + 33 % pour le PM10 dans les 40 villes analysées). Les villes sont aussi surexposées à la pollution sonore causée par le transport. 62 % des personnes y seraient exposées à plus de 55 décibels. Aussi 47 millions d'Européens subiraient une pollution sonore la nuit, or celle-ci est également dommageable pour la santé.
Pistes à suivre. Mme McGlade reconnaît qu'« on ne pourra pas faire l'impasse sur le transport. Le transformer suppose des bénéfices pas seulement pour les gaz à effet de serre mais aussi pour la santé de la population exposée à ces risques ». Dans cette nécessaire transformation, la directrice de l'agence affirme que l'UE est sur la bonne voie, elle suggère néanmoins des pistes pour réduire l'impact du transport sur l'environnement, comme la promotion de carburants alternatifs (électricité, bioéthanol, GPL), en améliorant leur taux de pénétration et en mettant en place les infrastructures nécessaires. Des mesures incitatives pour les consommateurs ou des étiquetages comparatifs sont aussi des mesures à considérer dans ce domaine. Mme McGlade déplore que le nombre de voitures alternatives n'ait augmenté que de 4 % depuis 2000. Mais elle se réjouit de voir que « des choses se passent en coulisses ». En effet, la Commission devrait présenter dans le courant du mois de novembre une stratégie pour les carburants alternatifs. (MD)