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Bulletin Quotidien Europe N° 10727
ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) eurogroupe

Grèce, pas de décision attendue sur le déblocage d'une tranche

Bruxelles, 09/11/2012 (Agence Europe) - Lundi 12 novembre, l'Eurogroupe aura des discussions très approfondies sur la Grèce, moins détaillées sur l'Espagne et encore moins sur Chypre. Mais il ne devrait pas décider de débloquer le versement d'une future tranche d'aide malgré les espoirs formulés ouvertement par le gouvernement grec après l'adoption de nouvelles réformes et mesures d'économie par le parlement grec et l'obligation pour Athènes d'honorer, le 16 novembre, un remboursement de dette.

Bien qu'étant parfaitement conscients de cette échéance, il est fort probable qu'un round de négociations ne suffise pas et que les ministres des Finances de la zone euro aient besoin d'un 2ème round pour finaliser leurs discussions sur l'état d'avancement du 2ème sauvetage grec, a reconnu une source européenne, vendredi 9 novembre. Selon cette source, un défaut de paiement « prémédité ou accidentel » est pourtant bien à exclure et les besoins d'Athènes en liquidités pour la fin de l'année « seront couverts ». L'agence grecque de gestion de la dette publique (PDMA) a d'ailleurs annoncé l'émission, ce mardi, de 3,125 milliards d'euros en bons du trésor à un et trois mois afin que la Grèce soit en mesure d'honorer ses engagements en attendant le versement de la nouvelle tranche. « Comment cela se fait-il que cela prenne tant de temps ? », a déploré Rebecca Harms (Verts/ALE, allemande), vendredi depuis Athènes, critiquant les déclarations du ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble, qui avait exclu une décision imminente de l'Eurogroupe.

Les autorités grecques n'en démordent pourtant pas: l'Eurogroupe prendra une décision lundi. Yannis Stournaras, ministre des Finances grec, a tenté de calmer les inquiétudes, assurant que la tranche serait versée rapidement. Il s'attend à une « déclaration politique » à l'issue de la rencontre avec ses homologues européens. Selon le quotidien grec Kathimerini, Athènes aurait toutefois le 19 novembre en ligne de mire pour une seconde réunion, cette fois décisive, des dix-sept ministres des Finances.

Lundi 12 novembre, les Dix-sept baseront leurs discussions sur plusieurs rapports que la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) leur aura transmis: l'état des lieux du programme d'ajustement grec, le rapport sur le caractère soutenable de la dette grecque et le rapport sur l'adoption des actions prioritaires réclamées depuis le printemps dernier. Objectif: s'assurer que le 2ème sauvetage financier est réellement à nouveau sur les rails et que la dette grecque est maîtrisable, conditions sine qua non au déblocage d'une aide supplémentaire. Au Conseil, on salue quand même les efforts entrepris, notamment le vote du parlement grec sur les réformes structurelles, et on espère que le vote de dimanche sur le budget 2013 sera positif.

L'élément le plus épineux des discussions concerne la dette grecque dont le ratio par rapport au PIB national n'en finit plus de grimper avec la récession qu'a déjà détruit 25 % de la richesse en Grèce. Or, au printemps, le 2ème sauvetage prévoyait que la dette grecque soit ramenée à 120 % du PIB d'ici 2020, alors qu'elle dépassera 175 % en 2012. Les détenteurs publics de dette grecque (BCE, États membres) se refusent toujours à évoquer une restructuration des 50 à 60 milliards d'euros de titres détenus. Ceux-ci acceptent quand même que les profits (8 milliards d'euros ?) générés sur ces titres soient redistribués à la Grèce. Quant au rachat à prix cassé de dette grecque par la Grèce grâce au MES, il a bien été discuté mais il soulève des questions juridiques complexes.

Aucun ministre des Finances de la zone euro ne souhaite s'avancer officiellement sur le fait qu'Athènes aura jusqu'à 2016 pour respecter ses engagements budgétaires. Néanmoins, « j'ai de bonnes raisons de penser que la 'troïka' a basé ses rapports et son analyse budgétaire sur le fait que deux années additionnelles seraient accordées pour qu'Athènes atteigne un excédent primaire de 4,5 % du PIB », a indiqué cette source européenne. Il s'agirait d'une victoire pour le Premier ministre, Antonis Samaras, qui avait fait de ce délai supplémentaire une promesse de campagne.

Espagne. Malgré une remontée des taux d'intérêt fixés sur la dette espagnole, la question d'un sauvetage complet de l'Espagne n'est pas à l'ordre du jour de l'Eurogroupe. Aucune demande formelle d'aide n'a été formulée. Et Madrid dispose d'une marge de manœuvre dans la mesure où le pays a pratiquement bouclé sa campagne 2012 de refinancement sur les marchés financiers, grâce au coup de pouce indirect de la BCE à travers son programme 'OMT' de rachat conditionnel de dette (EUROPE n° 10726).

Les ministres feront le point sur la mise en œuvre du programme de réformes imposé dans le cadre du sauvetage bancaire espagnol pour lequel une enveloppe maximale de 100 milliards d'euros a été mobilisée. Ils constateront que les travaux sur la mise sur pied d'ici décembre d'une 'bad bank' destinée à gérer les actifs immobiliers toxiques et sur les plans de recapitalisation des banques concernées progressent à bon rythme.

Chypre. Depuis vendredi, la 'troïka' est à Nicosie pour tenter de progresser dans les négociations devant mener à un sauvetage complet du pays. Au Conseil, on estime qu'un accord définitif devrait intervenir avant le 13 février 2013, jour où se tiendront des élections législatives sur l'île. Un des enjeux des discussions concerne la taille importante « du secteur bancaire par rapport au PIB chypriote ». (MB, EL)

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