Bruxelles, 31/10/2012 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de la zone euro ont pris note, mercredi 31 octobre, « des progrès réalisés vers un accord au niveau technique entre Athènes et la 'troïka' » (Commission européenne, BCE, FMI) sur les mesures révisant le programme grec d'ajustement économique, a déclaré le Président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, à l'issue d'une vidéoconférence extraordinaire de l'Eurogroupe (EUROPE n° 10721). Les Dix-sept mettent la pression sur les autorités grecques afin qu'elles mettent les bouchées doubles, d'ici leur réunion du 12 novembre, afin de régler les « dernières questions en suspens » relatives aux mesures de 13,5 milliards d'économies pour 2013 et 2014, condition sine qua non au déblocage d'une nouvelle tranche d'aide. De nouveau, l'Eurogroupe a également insisté sur la mise en œuvre des actions prioritaires par les autorités grecques (EUROPE n° 10706). Il n'évoque pas la possibilité d'une nouvelle réunion extraordinaire, le 8 novembre, visant à faire le point.
Interrogé par la radio allemande Deustchland Radio Kultur, Thomas Wieser, qui préside le groupe de l'euro au Conseil, a envisagé, mercredi, la possibilité d'accorder un délai supplémentaire de deux ans pour que la Grèce réduise son déficit public, une demande du gouvernement Samaras. Cette mesure nécessiterait, selon lui, plus de liquidités mais pas plus de financements. Il a en revanche exclu toute décote des titres grecs détenus par les créanciers publics.
Si le paquet de mesures additionnelles d'économies reçoit l'aval du parlement grec d'ici le 12 novembre et si le rapport définitif de la 'troïka' estime soutenable la trajectoire de la dette grecque, les ministres pourraient procéder au déblocage de la tranche d'aide supérieure à 30 milliards d'euros.
Mercredi matin, la Commission a démenti les propos du Premier ministre grec, Antonis Samaras, qui, la veille, avait fait état d'un accord malgré les messages contradictoires émis par les autres partis membres de la coalition gouvernementale (EUROPE n°10721). Athènes et la 'troïka' sont « en train de réduire de manière continue le nombre de questions à régler », a indiqué Simon O'Connor, porte-parole du commissaire chargé de l'euro Olli Rehn. Il s'est dit « confiant qu'un accord intervienne bientôt au niveau technique ». L'adoption du paquet de 13,5 milliards d'euros d'économies représente un vrai test de la solidité du gouvernement grec.
Des défis plus importants que prévu. Selon le projet de budget 2013, déposé mercredi matin au Parlement par le ministre des Finances, Yannis Stournaras, ce sont bien 9,4 milliards d'euros d'économies (et non 7,8 milliards) qui seront consenties par les autorités grecques dès l'année prochaine, conformément à ce qu'avait réclamé la troïka (EUROPE n° 10709). Ce projet de budget prédit en outre un avenir budgétaire sensiblement plus sombre que celui présenté au début du mois d'octobre (EUROPE n° 10700).
Le ministère grec des Finances table en effet aujourd'hui sur un repli du PIB national de 4,5 % en 2013, alors qu'il l'estimait à 3,8 % dans son précédent projet, après une année 2012 marquée par une récession de 6,5 %. La dette publique sera également plus importante que prévu en 2013, elle atteindra 189,1 % du PIB, soit près de 10% de plus que ce qui avait été initialement annoncé par le ministère (179,3 %). Le déficit budgétaire devrait quant à lui atteindre 5,2 % du PIB en 2013. Selon une source du ministère des Finances grec, le budget 2013 devrait être voté avant le 12 novembre.
La chancelière allemande, Angela Merkel, et la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, ont évoqué, mercredi soir à Berlin, la situation en Grèce. (EL avec MB)