Bruxelles, 28/09/2012 (Agence Europe) - Alors que l'UE réforme actuellement ses procédures d'asile pour les rendre plus justes et plus efficaces, la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström, a interpellé, vendredi 28 septembre, les États membres sur le sort des mineurs non accompagnés arrivés en Europe. Lors d'un point presse, elle leur a demandé d'améliorer les procédures d'accueil des jeunes demandeurs d'asile, ainsi que « la coopération et le partage d'informations entre les pays de l'UE », indique un communiqué.
Selon les données de la Commission, publiées vendredi dans un rapport d'étape sur son plan d'action sur les mineurs non accompagnés présenté en 2010, l'UE a enregistré en 2011 environ 12 225 demandes d'asile de la part de ces jeunes migrants. Pour autant, il reste difficile de quantifier leur présence sur le sol européen, a indiqué la responsable suédoise, beaucoup de jeunes pouvant en effet rentrer dans l'UE via les filières illégales. Le nombre total d'enfants non accompagnés entrant en Europe par l'intermédiaire de réseaux d'immigration illégale est même beaucoup plus important, indique la Commission, se référant aux estimations fournies par certains États membres. L'Italie a transmis des données indiquant que 5 959 mineurs non accompagnés se trouvaient sur le territoire italien au 31 décembre 2011; d'après les estimations de la France, 6 000 mineurs non accompagnés sont présents sur son territoire; en Espagne, le chiffre agrégé pour la période 2008-2011 était supérieur à 5 500 et la Belgique estime à 4 000 le nombre de mineurs non accompagnés.
Mme Malmström a précisé que le jeune migrant non accompagné est âgé en général de 16-17 ans, est un jeune homme et vient majoritairement d'Afghanistan, de Somalie ou de Guinée. Ses raisons de venir en Europe sont multiples, entre sa volonté de fuir les guerres, les violences et les discriminations, l'envie de rejoindre des membres de sa famille déjà présents en Europe ou l'espoir de trouver une vie meilleure.
Dans son rapport d'étape, la Commission estime que son plan d'action a permis des progrès au sein des États membres, notamment dans la prise en compte des jeunes migrants. Mais, selon une récente étude pilotée par l'ONG française France Terre d'asile, présentée le 17 septembre, les conditions d'accueil des mineurs isolés qui demandent l'asile chaque année dans l'Union européenne restent toutefois généralement insatisfaisantes. (SP)