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Bulletin Quotidien Europe N° 10699
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) mali

Les ministres de la Défense relancent la réflexion sur une opération

Nicosie, 28/09/2012 (Agence Europe) - Les ministres de la Défense des États membres de l'Union européenne ont apporté leur soutien à l'élaboration d'un papier d'options en vue d'une éventuelle opération au Mali, à l'issue d'un débat qui a eu lieu mercredi 26 septembre, à Nicosie. Ce papier d'options doit tenir compte de l'évolution de la situation sur le terrain mais aussi du contexte régional, notamment l'accord intervenu entre les autorités maliennes et la CEDEAO sur le déploiement d'une force d'intervention régionale, et des demandes adressées par la CEDEAO et les autorités maliennes à l'Union européenne. Une première demande concernant un papier d'options pour une action de l'Union européenne en soutien à la CEDEAO avait été formulée par les ministres des Affaires étrangères le 23 juillet dernier, mais elle était restée sans concrétisation jusqu'à présent.

Le débat des ministres de la Défense a montré un large consensus pour agir à la fois en soutien des autorités maliennes et de la CEDEAO. Il permet ainsi de relancer la réflexion tout en l'approfondissant. Si le ministre français, Jean-Yves Le Drian, a vivement plaidé la cause du Mali en réclamant une accélération des travaux en vue d'un engagement européen réunissant une contribution civile et un effort militaire, il n'y a eu, selon un observateur, que très peu de réserves de la part des autres ministres. En l'absence de leurs ministres qui ne devaient arriver que plus tard dans la soirée, les ambassadeurs allemand et suédois ont néanmoins insisté sur la nécessité de respecter le principe d'appropriation (ownership) par les autorités africaines de toute action entreprise par l'UE et d'inscrire cette action dans le cadre des résolutions des Nations unies. Tous les intervenants se sont dits favorables à l'examen de toutes les options pour une opération civilo-militaire, sur la base des demandes formulées par la CEDEAO et les autorités maliennes. Toutefois, l'hypothèse d'un déploiement de cinq bataillons, comme l'a demandé le président malien, « n'est pas une option », a dit la ministre suédoise de la Défense, Karin Enström. Le papier d'options va être élaboré par la direction de la planification de la gestion de crise (CMPD) d'ici la réunion du Conseil Affaires étrangères du 15 octobre prochain.

Dans une lettre adressée au président José Manuel Barroso, le 18 septembre, le président du Mali Dioncounda Traoré et le Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, sollicitent l'aide de l'Union européenne « pour la libération du Nord Mali ». Les autorités maliennes demandent une aide de l'Union européenne dans trois domaines: (1) la sécurisation des institutions de la transition (essentiellement des moyens de détection et de neutralisation des explosifs et une assistance dans le domaine de la police scientifique); (2) la réorganisation des forces armées et de sécurité (aide à l'acquisition de matériel, soutien logistique et formation); (3) la restauration de l'intégrité territoriale (notamment renseignement, appui aérien, déploiement progressif de cinq bataillons pour le contrôle des villes reconquises, acheminement de l'aide humanitaire et soutien médical, reconstruction des camps et autres infrastructures).

Libye et Syrie. Lors du même débat, les ministres ont également évoqué la situation en Libye et en Syrie et réaffirmé leur engagement à soutenir la transition dans le premier de ces deux pays et la recherche d'une solution politique dans le second. S'agissant de la Syrie, le ministre chypriote de la Défense, qui présidait la réunion en l'absence de Catherine Ashton, a insisté sur la nécessité de prévenir la contagion et les effets collatéraux de la crise syrienne dans les pays voisins. « Ce que nous voulons c'est soutenir les peuples de la région dans l'édification de leurs propres institutions démocratiques », a réaffirmé Demetris Eliades.

Par ailleurs, les ministres ont aussi discuté de l'introduction d'un code de conduite visant à rendre les pratiques de mutualisation et de partage des capacités plus systématiques (voir Europe Diplomatie & Défense pour plus de détails). (OJ)

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