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Bulletin Quotidien Europe N° 10681
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

La Bulgarie membre de Schengen avant la Roumanie ?

Bruxelles, 04/09/2012 (Agence Europe) - Plusieurs médias bulgares et roumains se sont interrogés ces derniers jours sur les récentes déclarations du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et de sa vice-présidente, Viviane Reding, évoquant l'avenir des deux pays dans l'espace Schengen. La presse de ces deux pays se demande si Sofia n'entrera pas finalement dans l'espace de libre circulation plus tôt que Bucarest, rapporte le site Presseurop. Vendredi 31 août, José Manuel Barroso avait estimé lors d'une visite à Sofia que le pays était prêt à intégrer l'espace. Tous les critères étant remplis, le président de la Commission avait appelé les 27 à trouver une solution le plus rapidement possible pour permettre au pays d'intégrer Schengen. Mais ce sont surtout les déclarations de la commissaire Viviane Reding, ce week-end, dans le quotidien français Le Monde qui ont visiblement convaincu les médias bulgares et roumains.

Samedi 1er septembre, Mme Reding avait en effet indiqué qu'elle ne serait pas surprise que les États membres repoussent l'entrée de la Roumanie dans la zone Schengen, la commissaire rappelant au passage les doutes de l'exécutif européen sur l'état de droit en Roumanie et s'attirant par là les foudres du Premier ministre, Victor Ponta. Pour la presse bulgare et le quotidien Monitor, Sofia devrait même recevoir le feu vert à son adhésion lors du prochain Conseil des ministres de l'Intérieur des 27, prévu à Bruxelles le 20 septembre prochain.

Et pour le quotidien roumain România libera, rapporte encore Presseurop, il est évident que « Barroso a transmis, en clair, le signal du découplement des deux États, tandis que Viviane Reding a juste explicité la chose. La Roumanie a perdu toute chance d'adhérer dans un délai prévisible à l'espace Schengen ». Cette hypothèse d'un découplement laisse toutefois perplexes certaines sources européennes pour lesquelles il « sera très difficile de séparer les deux pays puisque la frontière entre la Bulgarie et la Roumanie n'a jamais été évaluée », dit une source. Pour une autre source d'un grand pays de Schengen, cette éventualité d'intégrer uniquement Sofia n'est pas vraiment discutée par les ministres de l'Intérieur et « nous n'avons pas reçu de signal en ce sens ». Une certitude toutefois: l'appétit pour faire adhérer la Roumanie à l'espace de libre circulation a nettement diminué au cours des dernières semaines et a pâti de la crise interne roumaine opposant MM. Ponta et Basescu. Pour l'une des sources, il serait aussi étonnant qu'un feu vert soit donné à Sofia alors que la Roumanie, avant de connaître sa « guerre » institutionnelle, apparaissait plus en avance que la Bulgarie sur une série de critères, comme la corruption par exemple.

Le sujet est en tout cas censé être discuté lors de la prochaine réunion des ministres mais l'agenda pourrait encore changer « si aucune décision sur l'élargissement de Schengen n'est programmée », dit une source. Les élections législatives néerlandaises du 12 septembre vont aussi être suivies de près, les Pays-Bas ayant toujours été parmi les moins enthousiastes à accepter l'entrée de Bucarest et Sofia dans Schengen. Des élections qui pourraient également peser sur l'agenda « Schengen » des ministres de l'intérieur. (SP)

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