Bruxelles, 04/09/2012 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté, mardi 4 septembre, le
5ème rapport annuel concernant le Fonds européen d'ajustement à la mondialisation (FEM). Présenté sous la forme d'un portrait statistique de son fonctionnement pour les années 2007-2011, ce rapport apporte du poids à la ligne politique suivie par la Commission qui a proposé non seulement de maintenir le Fonds pour la période suivant 2014, mais également d'élargir son champ d'action, notamment au secteur agricole et aux PME. Une vision qui est loin d'être partagée par tous les États membres, puisque depuis près d'un an une minorité de blocage au sein du Conseil de l'UE s'oppose à l'existence du Fonds dans le prochain cadre financier pluriannuel (2014-2020).
Durant l'année 2011, le FEM a rencontré un succès conséquent. Il a été utilisé à 22 reprises, dans douze États membres, pour un montant total de 128 millions d'euros. Cela équivaut à une augmentation de son activité de 50 % par rapport à l'année précédente. De quelle manière se traduisent ces chiffres pour les Européens ? La réponse à cette question est facile pour pas moins de 21 000 travailleurs qui ont bénéficié du FEM dans le cadre de leur recherche d'un nouvel emploi. En faisant la somme de toutes ses interventions passées et de celles qui se déroulent à l'heure actuelle, ce sont 91 000 travailleurs licenciés qui ont été soutenus.
En présentant les résultats de ce rapport, le commissaire Laszlo Andor, chargé de l'Emploi, des Affaires sociales et de l'Inclusion, a particulièrement insisté sur les bons chiffres en matière d'efficacité du FEM. Celle-ci est estimée à 45 %, ce qui veut dire que presque un travailleur sur deux a été en mesure de retrouver une activité professionnelle durant la période où le FEM a cofinancé (à hauteur de 65 %) les différentes mesures d'aide, c'est-à-dire sur 24 mois par intervention.
Pour M. Andor, toutes ces données plaident en faveur du maintien de ce mécanisme d'aide.
« D'après notre expérience avec le Fonds, je suis convaincu qu'il garde toute sa pertinence et doit être maintenu », a-t-il affirmé à Bruxelles, mardi 4 septembre. Il a par ailleurs reconnu que ce plaidoyer s'inscrit dans un contexte précis. Il s'agit aujourd'hui de la dernière ligne droite dans les négociations sur le cadre financier pluriannuel. Le montant en jeu est équivalent à 500 millions d'euros provenant d'une réserve et non directement du budget européen.
La minorité de blocage se compose de la Pologne, de l'Allemagne, de la Suède, de l'Estonie, de la Lettonie, du Royaume-Uni, de la Slovaquie, de la République tchèque et des Pays-Bas. Presque paradoxalement, certains de ces pays ont été les plus fervents utilisateurs du FEM ces dernières années. Pour ces États, l'ajustement à la mondialisation devrait redevenir une prérogative purement nationale, alors que pour M. Andor il s'agit de la plus évidente « matérialisation de la solidarité européenne ». (JK)